Au Sri Lanka, un cardinal appelle l’exécutif à partir

Le cardinal Malcolm Ranjith
Photo: Ishara S. Kodikara Agence France-Presse Le cardinal Malcolm Ranjith

Le chef de l’Église catholique du Sri Lanka, le cardinal Malcolm Ranjith, a appelé dimanche le gouvernement à démissionner en raison de l’incapacité des autorités à mener l’enquête sur les auteurs des attentats djihadistes de Pâques qui ont fait 258 morts.

M. Ranjith a déclaré que les autorités n’avaient pas réussi à identifier les auteurs de ces attentats-suicides qui ont frappé trois églises et trois hôtels de luxe.

« L’exécutif et le Parlement sont coincés dans une lutte de pouvoir », a relevé le prélat, qui assistait à la reconsécration de l’une des églises frappées par les attentats.

Les attentats de Pâques sont survenus dans un contexte de lutte de pouvoir entre le président Maithripala Sirisena, qui est également ministre de la Défense et de l’Intérieur, et le premier ministre Ranil Wickremesinghe.

Le cardinal s’en est pris aux « dirigeants avides de pouvoir qui ne se préoccupent pas des gens ordinaires ». Ils « ne tiennent pas compte des avertissements » des services de renseignement, et « le Conseil de sécurité ne s’est pas réuni depuis octobre à cause de la lutte pour le pouvoir », a-t-il déploré.

« Les dirigeants actuels ont échoué. Ils n’ont pas de courage. Ils doivent quitter le gouvernement et rentrer chez eux », a ajouté le prélat.

Le cardinal a mis en doute la fiabilité des enquêtes menées actuellement sur les défaillances sécuritaires en amont des attentats commis le 21 avril, que la police a attribués à une organisation djihadiste locale, le National Thowheeth Jama’ath (NTJ). Il s’en est également pris aux représentants des Nations unies qui, selon lui, ne se préoccupent que du sort des dizaines de suspects arrêtés après les attentats, et non de celui des victimes.

Le gouvernement n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.