Heurts en marge d’une nouvelle manifestation monstre à Hong Kong

Une partie des manifestants a investi dimanche soir des centres commerciaux du quartier de Sha Tin.
Photo: Philip Fong Agence France-Presse Une partie des manifestants a investi dimanche soir des centres commerciaux du quartier de Sha Tin.

Des heurts ont opposé, dimanche à Hong Kong, la police à des manifestants, en marge d’un rassemblement massif en vue de protester pour la cinquième semaine d’affilée contre le gouvernement local soutenu par Pékin.

La police a utilisé du gaz poivre et des matraques contre de petits groupes de contestataires qui s’étaient retranchés dans une rue adjacente à l’endroit où s’étaient regroupées des dizaines de milliers de personnes dans le quartier de Sha Tin.

Hong Kong est secoué depuis plus d’un mois par une gigantesque vague de contestation, partie du rejet d’un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

Elle s’est élargie à des exigences plus vastes concernant la préservation des acquis démocratiques, comme celle de l’arrêt de l’érosion des libertés, en particulier d’expression, et de l’indépendance de la justice, dont jouit théoriquement jusqu’en 2047 ce territoire rétrocédé en 1997 par Londres à Pékin et qui dispose d’un statut de semi-autonomie.

Pékin a mis tout son poids dans la balance pour soutenir la chef de l’exécutif local, Carrie Lam.

Outre des manifestations pacifiques monstres, de violents affrontements ont opposé la police à une minorité plus radicale. Le Parlement a été saccagé en juin par des centaines de manifestants masqués, pour la plupart des jeunes.

Cinquième dimanche

Dimanche, pour la cinquième semaine consécutive, une immense manifestation était organisée.

« Nous avons manifesté tant de fois, mais le gouvernement n’écoute toujours pas, cela oblige chacun à descendre dans la rue », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, Tony Wong, âgé de 24 ans.

Parmi les participants, plusieurs considéraient les manifestations comme un combat existentiel contre la mainmise croissante de Pékin sur le territoire. « C’est un moment dangereux. Les Hongkongais peuvent choisir de mourir ou de vivre. Nous sommes sur le fil du rasoir, mais nous ne sommes pas encore morts », a observé JoJo So, une manifestante cinquantenaire.