Japon: attaque sur des écolières d’une école fondée par des soeurs du Québec

Des gens rendent hommage des victimes de l'attaque au couteau devant un mémorial, mardi le 28 mai 2019 à Kawasaki, près de Tokyo.
Photo: Jae C. Hong Associated Press Des gens rendent hommage des victimes de l'attaque au couteau devant un mémorial, mardi le 28 mai 2019 à Kawasaki, près de Tokyo.

Des écolières fréquentant un établissement fondé par la communauté des Soeurs de la Charité de Québec, au Japon, ont été victimes d’une attaque au couteau mardi en périphérie de Tokyo.

Des témoins rapportent qu’un homme tenant un couteau dans chaque main et criant « Je vais vous tuer » s’en est pris à des enfants qui attendaient à un arrêt d’autobus de la ville de Kawasaki.

Une fillette et un adulte ont été tués dans l’attaque, qui a aussi fait au moins 17 blessés, dont trois se trouvent dans un état critique.

L’assaillant dans la cinquantaine est mort après s’être lui-même infligé une blessure au cou, confirment les autorités municipales.

La supérieure générale de la congrégation de Québec s’est dite « très, très attristée » mardi, peu après s’être entretenue avec ses deux consoeurs qui travaillent toujours au sein de l’école Caritas Gakuen.

« On sait jusqu’à quel point elles sont affectées. J’ai communiqué avec elles ce matin, puis elles ont parlé d’un drame incroyable », raconte soeur Monique Gervais.

Les parents, les professeurs et la direction se sont immédiatement réunis pour se soutenir à travers cette épreuve, rapporte-t-elle, toujours dans les valeurs de la congrégation « de partage, d’entraide et de solidarité ».

Les Soeurs de la Charité conservent des liens étroits avec l’école, qui — bien que désormais laïque — était jusqu’à récemment dirigée par l’une de leurs religieuses.

« Ici, dans notre maison à Québec, on a tout près de 376 soeurs qui vont s’impliquer, qui vont les soutenir, soit par leurs prières et nous, par des paroles, affirme-t-elle. On est toujours en lien avec elles, à plus forte raison au moment de ce drame-là qu’on vient de vivre. »

Une scène infernale

Des témoins ont décrit mardi une scène infernale dans laquelle des enfants et des adultes se sont affaissés, tandis que des dizaines de petits couraient et appelaient à l’aide, leurs cartables et leurs livres éparpillés sur le sol et leurs vêtements parfois trempés de sang.

« J’ai entendu un cri, alors je me suis arrêtée et je me suis retournée pour voir ce qui s’était passé. Ce n’était pas un ton de voix normal, raconte Yasuko Atsukata, qui dit avoir immédiatement aperçu une personne s’effondrer, puis une autre. Les chemises blanches des écolières sont devenues rouges, alors j’ai compris qu’elles avaient été poignardées. »

Dans un stationnement voisin, un garçon était en état de choc et semblait s’être blessé au visage, aux mains et aux jambes — des blessures apparemment causées par une chute pendant qu’il prenait les jambes à son cou.

D’autres témoins rapportent qu’un chauffeur de bus a interpellé l’assaillant qui fuyait la scène et que ce dernier s’est effondré dans une mare de sang pendant que la police le saisissait.

Les autorités n’ont dévoilé ni son identité ni ses motivations.

Elles ont toutefois confirmé les décès de Hanako Kuribayashi, une écolière tokyoïte de 11 ans, et de Satoshi Oyama, un fonctionnaire de 39 ans qui accompagnait son enfant à l’arrêt d’autobus.

Le premier ministre, Shinzo Abe a déclaré qu’il était outré par cette folie meurtrière et qu’il prendrait les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des enfants.

Le Japon affiche l’un des plus bas taux de criminalité au monde, mais le pays du Soleil-Levant a été le théâtre d’une série de meurtres hautement médiatisés au cours des dernières années.