Les nationalistes hindous cimentent leur pouvoir

Des partisans du parti du premier ministre indien Narendra Modi célèbrent l'annonce des premiers résultats électoraux dans les rues de Kolkata.
Photo: Dibyangshu Sarkar Agence France-Presse Des partisans du parti du premier ministre indien Narendra Modi célèbrent l'annonce des premiers résultats électoraux dans les rues de Kolkata.

Le premier ministre Narendra Modi a remporté haut la main jeudi un deuxième mandat à la tête de l’Inde, cimentant la suprématie des nationalistes hindous sur le paysage politique et sociétal du géant d’Asie du Sud.

En début de soirée, le chef de gouvernement de 68 ans a fait une entrée triomphale au siège de son Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) à New Delhi, sous une pluie de pétales de roses et les hourras de ses partisans.

Ces élections législatives « reflètent l’attachement du peuple à la démocratie. Le monde entier devra en prendre acte et reconnaître la force démocratique de l’Inde », a lancé l’homme fort du pays depuis une tribune à ses partisans. « Chaque moment de mon temps, chaque partie de mon corps seront uniquement consacrés au peuple de ce pays », a déclaré Narendra Modi, dont le premier mandat à la tête de cette nation de 1,3 milliard d’habitants a été marqué par une crispation politico-religieuse et une polarisation de sa société.

Faible opposition

L’hémicycle de la Lok Sabha offrira pour les cinq prochaines années une écrasante dominance safran, la couleur des nationalistes hindous. Le BJP y détiendra encore seul la majorité absolue, un tour de force dans ce pays habitué aux larges coalitions. Principale formation d’opposition, le Congrès devrait remporter seulement près de 50 circonscriptions, une douche froide pour ce parti clé de la politique indienne depuis l’indépendance en 1947.

Modi rendra sa grandeur à l’Inde. Modi est le premier ministre le plus fort que l’Inde ait jamais eu et aura jamais.

Des stars de Bollywood aux modestes vendeurs de rue, des agriculteurs de la plaine du Gange aux magnats milliardaires, 67 % des 900 millions d’électeurs indiens se sont exprimés pour ces 17es législatives depuis l’indépendance. Narendra Modi affrontait dans les urnes une myriade de puissants partis régionaux bien décidés à le faire chuter, ainsi que l’historique parti du Congrès emmené par l’héritier de la dynastie politique des Nehru-Gandhi, Rahul Gandhi.
 

De la Chine à Israël en passant par le Japon ou la France, les messages de félicitations adressés au premier ministre ont afflué du monde entier. « J’ai hâte de travailler avec lui pour la paix, le progrès et la prospérité en Asie du Sud », a gazouillé Imran Khan, le chef de gouvernement pakistanais. L’Inde et le Pakistan ont connu une grave crise au début de l’année, allant jusqu’à des combats aériens entre leurs deux armées au-dessus de la région disputée du Cachemire.