La Corée du Nord annonce un essai de frappe «à longue portée»

La Corée du Nord «a tiré ce qui semble être deux missiles de courte portée», a déclaré l’armée sud-coréenne dans un communiqué.
Photo: Jung Yeon-je Agence France-Presse La Corée du Nord «a tiré ce qui semble être deux missiles de courte portée», a déclaré l’armée sud-coréenne dans un communiqué.

La Corée du Nord a annoncé jeudi soir (heure du Québec) avoir procédé à un essai de frappe « à longue portée », ce qui risque d’exacerber la tension actuelle avec les États-Unis.

« Le leader suprême Kim Jong-un a pris connaissance d’un plan pour mener un exercice […] à l’aide de plusieurs moyens de frappe à longue portée, et a donné l’ordre de procéder à l’exercice », a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA, sans préciser le type d’arme testé et se gardant notamment d’employer le mot « missile ».

L’annonce de Pyongyang contredit des informations de l’armée sud-coréenne, selon laquelle les armes testées jeudi sont deux missiles à courte portée qui ont parcouru respectivement 270 et 420 kilomètres. Le président sud-coréen Moon Jae-in avait d’ailleurs averti que les tirs de jeudi « pourraient rendre les négociations plus difficiles » avec les États-Unis sur le nucléaire.

Cet essai nord-coréen a eu lieu au moment même où Stephen Biegun, représentant spécial américain pour la Corée du Nord, était en visite à Séoul.

L’objectif de Kim [...] est clair: montrer aux États-Unis et à ses alliés que s’ils ne sont pas disposés à faire des compromis, Pyongyang suivra sa propre route

Assurant étudier la situation « très sérieusement », le président américain Donald Trump s’est ouvertement interrogé sur sa volonté de négocier sérieusement sur la dénucléarisation de la péninsule. « Personne n’est content de ce qui s’est passé », a-t-il affirmé, évoquant alors des « missiles de courte portée ». « La relation se poursuit, mais nous verrons », a-t-il ajouté.

Officiellement, la Corée du Nord n’a pas procédé à un tir de missile depuis le 29 novembre 2017, date à laquelle elle avait testé un engin balistique intercontinental capable, selon elle, d’atteindre le territoire américain. Mais plusieurs projectiles avaient déjà été tirés samedi, dont un missile de courte portée, d’après des experts.

Saisie d’un cargo

La justice américaine a par ailleurs annoncé la saisie d’un cargo nord-coréen de 17 000 tonnes, le Wise Honest, accusé d’avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines.

Cette mesure, une première selon le procureur fédéral de Manhattan Geoffrey Berman, intervient dans un contexte de défiance croissante depuis le sommet de Hanoï en février entre Donald Trump et Kim Jong-un, qui s’est soldé par un désaccord. M. Kim réclamait une levée des sanctions trop importantes aux yeux de M. Trump en échange d’un début de dénucléarisation jugé trop timide.

« Ce navire anti-sanctions est désormais hors service, s’est félicité le vice-secrétaire américain de la Justice John Demers. Le bâtiment avait été bloqué l’an dernier en Indonésie, son capitaine étant poursuivi par les autorités indonésiennes. Les autorités américaines avaient lancé de leur côté en juillet la procédure de saisie.

Un « exercice de routine »

Concernant les tirs de samedi, les images diffusées par les médias nord-coréens montrent un engin similaire au missile russe Iskander à un étage, d’après les experts. Il ressemble à une arme présentée par la Corée du Nord au cours d’un défilé militaire l’année dernière, au moment où s’amorçait la détente sur la péninsule.

Il s’agissait d’un « exercice de routine » qui s’est déroulé dans les eaux territoriales nord-coréennes et les projectiles ne constituaient pas une menace pour les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, a affirmé un responsable nord-coréen.

Depuis l’échec de Hanoï, la Corée du Nord a accusé Séoul de s’être rangée du côté de Washington, et les relations entre les deux frères ennemis se sont de nouveau dégradées.