Le Pakistan remet à l’Inde son pilote capturé au Cachemire

Le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman est de retour en sol indien, selon des images retransmises en direct à la télévision.
Photo: Prakash Singh Agence France-Presse Le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman est de retour en sol indien, selon des images retransmises en direct à la télévision.

Le Pakistan a remis vendredi à l’Inde un pilote capturé cette semaine au Cachemire, un « geste de paix » ostensiblement destiné à mettre fin à l’une des plus graves crises de ces dernières années entre les deux puissances nucléaires.

Le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman, vêtu en civil, a traversé à pied le poste-frontière de Wagah avec plusieurs heures de retard sur le programme annoncé, avec ce qui ressemblait à un oeil au beurre noir.

Accompagné d’une femme et de plusieurs militaires armés, il s’est arrêté quelques instants le temps que la haute grille séparant les deux pays s’ouvre devant lui. Une fois passé en territoire indien, il a serré la main d’un militaire, tandis qu’un autre lui a donné une accolade.

Bienvenue à la maison, lieutenant-colonel Abhinandan ! La nation est fière de votre courage exemplaire.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a souligné que sa libération « avait pour objectif de faire baisser les tensions croissantes avec l’Inde ».

Son arrivée a été saluée par le premier ministre indien Narendra Modi sur Twitter. « Bienvenue à la maison, lieutenant-colonel Abhinandan ! La nation est fière de votre courage exemplaire. »

Paix relative

Sa libération, annoncée jeudi par le premier ministre pakistanais Imran Khan, avait été présentée comme un « geste de paix » en direction de l’Indeaprès le dangereux affrontement militaire qui a opposé cette semaine les deux frères ennemis.

Mais la violence s’est poursuivie vendredi au Cachemire, que les deux pays se disputent depuis leur indépendance en 1947. L’Inde et le Pakistan revendiquent tous deux cette zone montagneuse à majorité musulmane, déjà à l’origine de deux guerres.

D’intenses tirs d’obus y étaient signalés des deux côtés de la ligne de démarcation vendredi, selon des responsables locaux.

Onze personnes ont été tuées vendredi dans la seule partie indienne du Cachemire. Quatre civils avaient été tués plus tôt dans la semaine du côté pakistanais et des milliers d’autres ont fui leurs villages, selon les autorités locales.

L’Inde avait répliqué qu’elle demeurait prête à « répondre à toute provocation du Pakistan ».

New Delhi accuse de longue date son voisin de soutenir les infiltrations et la lutte armée dans la partie du Cachemire sous contrôle indien.

Les événements se sont accélérés lorsque l’armée indienne a mené mardiune « frappe préventive » contre ce qu’elle a présenté comme un camp d’entraînement en territoire pakistanais du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammed, qui avait revendiqué l’attentat contre les paramilitaires. Dans les affrontements aériens qui ont suivi le lendemain, l’armée pakistanaise a affirmé avoir abattu deux avions indiens et capturé un pilote. Le Pakistan a diffusé des vidéos du pilote prisonnier et a assuré l’avoir bien traité.