Une cathédrale visée par un attentat aux Philippines

L’attentat, revendiqué par le groupe armé État islamique, a fait au moins 18 morts.
Photo: Nickee Butlangan Agence France-Presse L’attentat, revendiqué par le groupe armé État islamique, a fait au moins 18 morts.

Au moins 18 personnes ont péri dimanche dans un double attentat contre la cathédrale de Jolo, sur une île du sud des Philippines qui demeure un bastion de militants islamistes.

Cette attaque, revendiquée par le groupe armé État islamique (EI), a eu lieu lors d’une messe. Une première explosion a secoué l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame du Mont-Carmel, située dans le centre de Jolo, la plus grande ville de l’île du même nom. Une seconde explosion s’est produite à l’extérieur, dans le stationnement, alors qu’arrivaient les militaires pour aider les blessés.

Au moment d’écrire ces lignes, le bilan des victimes restait imprécis. Cinq soldats, un membre des garde-côtes et 12 civils ont été tués dans ce double attentat qui a également fait 83 blessés, selon un porte-parole régional de l’armée. Le chef de la police régionale a de son côté fait état de 20 morts et de 81 blessés.

Cet attentat intervient deux jours après l’annonce de l’approbation massive, lors d’un référendum lundi dernier, de la création dans le sud de l’archipel de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l’insurrection musulmane.

Nous poursuivrons jusqu’au bout du monde les cruels auteurs de ce crime ignoble jusqu’à ce que chacun des tueurs soit amené devant la justice et mis derrière les barreaux

Jolo fait partie de la région autonome de Bangsamoro, dont la création sur un territoire à majorité musulmane — alors que l’archipel est majoritairement catholique — vise à rétablir la paix après des décennies d’un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Le porte-parole du président philippin, Salvador Panelo, a condamné « un acte terroriste » et promis de « poursuivre jusqu’au bout du monde les cruels auteurs de ce crime ignoble ».

Le groupe EI a revendiqué la double attaque. Les autorités avaient d’abord avancé la piste du groupe islamiste Abou Sayyaf. « Quand vous parlez de terrorisme dans la province de Sulu, le premier suspect est toujours Abou Sayyaf, mais nous ne pouvons exclure la possibilité d’autres responsables », avait déclaré le lieutenant-colonel Besana.

Spécialisée dans les enlèvements, cette organisation est aussi accusée des pires attentats dans l’archipel, en particulier celui contre un traversier qui avait fait plus de 100 morts en 2004.

Créé dans les années 1990 grâce au financement d’un membre de la famille du chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, il s’est depuis scindé en plusieurs factions dont certaines ont prêté allégeance au groupe EI.