Kim Jong-un se dit prêt au dialogue, mais lance une mise en garde

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un
Photo: KCNA via KNs / Agence France-Presse Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un

Dans son discours télévisé du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a dit vouloir poursuivre le dialogue avec le président américain Donald Trump, mais il l’a également averti de ne pas mettre sa patience à l’épreuve.

Même si Kim Jong-un s’est dit prêt à rencontrer son vis-à-vis américain à tout moment, il a également signalé qu’une telle coopération ne sera pas possible si les États-Unis « continuent de ne pas tenir leurs promesses et de mal juger la patience de notre peuple en exigeant certaines choses unilatéralement et en mettant en oeuvre des sanctions et des pressions ».

Vêtu d’un costume noir et d’une cravate gris-bleu, Kim Jong-un avait des airs de banquier depuis son fauteuil en cuir. Son discours d’une durée d’une demi-heure avait aussi pour but de le présenter comme un homme assuré et bien dans sa peau, contrairement à l’image caricaturale que le monde occidental se fait de lui.

S’adressant aux Coréens à travers la péninsule, il a adopté un ton nationaliste pour appeler à une coopération accrue. Il a notamment indiqué que Pyongyang serait prêt à reprendre ses activités dans un parc industriel géré conjointement avec la ville de Kaesong, à la frontière entre les deux pays, et à admettre des visites touristiques aux Montagnes de diamant — deux propositions impossibles pour Séoul sans la levée des sanctions. Certains analystes estiment que la Corée du Nord tente de créer une scission entre son voisin du sud et les États-Unis.

Au cours des derniers mois, Pyongyang a reproché à Washington de ne pas avoir pris des mesures correspondantes aux siennes à la suite du démantèlement d’un terrain d’essais nucléaires et de la suspension des tests de missiles à longue portée.

Aux yeux d’Adam Mount, analyste principal de la Fédération des scientifiques américains, Kim Jong-un ne consentirait pas à un désarmement complet, mais un éventuel accord pourrait tout de même considérablement limiter la menace nord-coréenne en gelant le développement de son arsenal. Les États-Unis devraient toutefois offrir des incitatifs majeurs, tels qu’un allégement des sanctions.

« Les négociateurs américains devraient agir résolument cette année pour savoir jusqu’où Kim est prêt à aller avec un plafond vérifié à son arsenal. Les discussions sur la réduction ou l’élimination de cet arsenal viendront plus tard », a fait valoir M. Mount dans un courriel.

Les dirigeants nord-coréens utilisent traditionnellement leurs messages du Nouvel An pour définir les orientations politiques de l’année à venir. En 2018, Kim Jong-un avait profité de son discours pour adopter une nouvelle approche diplomatique face à Séoul et Washington, ce qui a conduit à ses rencontres avec Moon Jae-in et Donald Trump.

Mais les pourparlers entre Washington et Pyongyang se sont enlisés au cours des derniers mois, en raison de difficultés à aligner le désarmement de la Corée du Nord avec la levée des sanctions américaines.

Les deux pays tentent d’orchestrer un deuxième sommet entre MM. Trump et Kim, qui se sont rencontrés à Singapour le 12 juin dernier.