Les autorités indiennes surveillent la tribu isolée qui a tué un missionnaire américain

Sur cette photo, fournie par les garde-côtes indiens et prise le 28 décembre 2004, un homme de la tribu des Sentinelles dirige son arc et sa flèche vers un hélicoptère des garde-côtes indiens alors qu'il survole l'île North Sentinel dans les îles Andaman, à la suite du tsunami de 2004 dans l’océan Indien.
Photo: Archives / Garde côtiêre indienne / Agence France-Presse Sur cette photo, fournie par les garde-côtes indiens et prise le 28 décembre 2004, un homme de la tribu des Sentinelles dirige son arc et sa flèche vers un hélicoptère des garde-côtes indiens alors qu'il survole l'île North Sentinel dans les îles Andaman, à la suite du tsunami de 2004 dans l’océan Indien.

Des policiers indiens à bord d’une vedette se sont approchés à quelques centaines de mètres de l’île de North Sentinel, où ils ont pu observer des membres de la tribu autochtone et isolée qui y a récemment tué un missionnaire américain, a annoncé dimanche la police.

John Chau, 27 ans, a péri le 17 novembre transpercé de flèches en voulant évangéliser cette peuplade de chasseurs-cueilleurs qui vit sur une île de l’archipel indien d’Andaman-et-Nicobar et rejette avec hostilité les tentatives de contact de la part du monde extérieur. Leur langage et leurs coutumes demeurent un mystère.

L’équipe de la police indienne, qui étudie la possibilité de récupérer la dépouille de l’Américain, s’est approchée samedi à 400 mètres de la plage où John Chau a été vu pour la dernière fois, a déclaré à l’AFP Dependra Pathak, un responsable de la police régionale.

Elle a pu observer à l'aide de jumelles des membres de cette tribu, qui vit sur une île grande comme la moitié de Paris, armés d’arcs et de flèches. « Ils nous regardaient pendant que nous les regardions », a déclaré M. Pathak. Le bateau est ensuite reparti pour éviter toute confrontation.

Pour protéger cette tribu — qui est probablement la dernière dont les origines remontent au prénéolithique –, il est interdit de s’approcher à moins de 3 miles (5 kilomètres) de l’île. Les autorités veulent à tout prix éviter de déranger la peuplade, qui pourrait être décimée par une maladie aussi bénigne que le rhume.

Ces dernières décennies, les Sentinelles, estimées à 150 âmes, ont généralement attaqué tous ceux s’aventurant sur leur île. En 2006, deux pêcheurs indiens ayant dérivé en bateau pendant leur sommeil jusqu’au rivage avaient été tués, puis leurs corps avaient été accrochés à des pieux en bambou face à la mer. « Ils ressemblaient à des épouvantails », a expliqué M. Pathak.

La police cherche à observer le comportement de la tribu après le décès du missionnaire américain. « Nous tentons de comprendre la psychologie du groupe », a dit M. Pathak.

Elle a ouvert une enquête pour meurtre et arrêté sept personnes, dont six pêcheurs, accusées d’avoir aidé l’Américain dans sa dangereuse entreprise.

Selon l’ONG Survival International, les Sentinelles descendent des premières populations d’homo sapiens à être parties d’Afrique et vivent aux Andaman depuis 60 000 ans. Pour d’autres anthropologues, une présence aussi ancienne dans cette région n’est pas prouvée, même si elle est indubitablement plurimillénaire.