Indonésie: pourquoi l’île de Lombok est-elle frappée par de multiples séismes?

Les tremblements de terre qui ont secoué Lombok depuis fin juillet sont le résultat d’une collision entre la plaque tectonique australienne et la plaque eurasienne, selon des géologues.
Photo: Agence France-Presse Les tremblements de terre qui ont secoué Lombok depuis fin juillet sont le résultat d’une collision entre la plaque tectonique australienne et la plaque eurasienne, selon des géologues.

L’île indonésienne touristique de Lombok a été frappée ces dernières semaines par une série de puissants séismes qui ont fait plus de 500 morts et des centaines de milliers de sans-abri.

L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Mais il est rare de voir une seule île touchée aussi souvent par des séismes aussi puissants. Voici quelques éléments de réponses.

L’archipel indonésien s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques : indopacifique, australienne, eurasienne. Les tremblements de terre qui ont secoué Lombok depuis fin juillet sont le résultat d’une collision entre la plaque australienne et la plaque eurasienne, selon des géologues.

La compression des deux plaques provoque une activité le long d’une zone de rupture tectonique appelée arc volcanique de Florès, qui s’étend de la partie est de l’île de Java jusqu’à l’île de Timor — Lombok est entre les deux.

Habituellement, il faut beaucoup de temps pour qu’un deuxième tremblement de terre majeur se produise, en raison de l’énergie libérée. Mais à Lombok, un séisme encore plus puissant s’est produit après un premier fort tremblement de terre.

« Il y a de toute évidence différentes parties de la structure tectonique qui bougent en ce moment et provoquent des perturbations » générant des séismes, explique Chris Elders, expert de la tectonique des plaques à l’Université Curtin, dans l’ouest de l’Australie.

Lombok a été frappée par deux puissants séismes mortels les 29 juillet et 5 août — le plus violent atteignant une magnitude de 6,9 —, suivis de violentes répliques. L’activité sismique a augmenté dans la mesure où différentes parties des failles ont glissé et bougé, explique M. Elders.

Il est cependant difficile d’identifier exactement ce qui provoque les failles de plaques tectoniques autrement que par une accumulation des tensions sismiques. « La structure tectonique va bouger régulièrement quand les tensions vont augmenter », souligne Danny Hilman, géologue à l’Institut indonésien des sciences.

Il n’est pas inhabituel que de puissants séismes soient suivis de nombreuses répliques, mais une succession de secousses d’une telle magnitude est plus rare.

Les séismes en série qui ont frappé Lombok sont « assez extraordinaires » et ne sont peut-être pas finis, observe Adang Surahman, expert en tremblements de terre à l’Institut de technologies de Bandung.

« De nouveaux mouvements et glissements risquent de se produire », prévient-il.