Des inondations monstres en Inde

Quelque 350 000 personnes sinistrées ont dû se réfugier dans 3000 camps d’urgence.
Photo: Manjunath Kiran Agence France-Presse Quelque 350 000 personnes sinistrées ont dû se réfugier dans 3000 camps d’urgence.

Les secouristes indiens, appuyés par des dizaines d’hélicoptères et des centaines de bateaux, tentaient dimanche de sauver les milliers de personnes piégées par les inondations dans l’État du Kerala qui ont fait au moins 370 morts et chassé de leurs foyers plus de 700 000 personnes.

Ces bilans s’alourdissent alors que des pluies torrentielles s’abattaient toujours sur la région dimanche. Selon les services météorologiques indiens, les pluies devraient se poursuivre dans le sud du pays jusqu’au 23 août.

Le bilan de ces inondations, les plus graves qu’ait subies l’État du Kerala depuis un siècle, est passé à 370 morts au moins depuis le début de la mousson, le 29 mai, a précisé dimanche à l’AFP un porte-parole du gouvernement de l’État du Kerala. Et près de 725 000 personnes ont été relogées dans des abris.

Cette région très touristique du sud de l’Inde — plus d’un million de touristes l’année dernière, selon des statistiques officielles — subit depuis la fin du mois de mai des pluies torrentielles qui ont déclenché des glissements de terrain et des inondations soudaines emportant des villages entiers.

Quelque 350 000 personnes sinistrées ont dû se réfugier dans 3000 camps d’urgence. Des milliers de soldats de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air ont été déployés pour venir en aide à ceux qui sont encore cernés par les inondations.

Des habitants paniqués lançaient dimanche des appels au secours sur les réseaux sociaux, déclarant qu’ils ne parviennent pas à contacter les services de secours.

De nombreuses routes et 134 ponts ont été endommagés, isolant des districts entiers dans les zones escarpées du Kerala qui sont les plus touchées.

Un responsable local a confirmé que la panne des réseaux locaux de communication compliquait la capacité à contacter les populations.

Des hélicoptères ont été engagés pour larguer des stocks d’eau potable et de nourriture sur des zones isolées, et des trains chargés d’eau potable ont aussi été envoyés vers le Kerala.

Des dizaines de barrages et de réservoirs ont dû être ouverts, car le niveau des eaux a atteint un seuil dangereux, inondant de nombreux villages situés en aval.

Plus de 10 000 kilomètres de routes ont été endommagés, selon le gouvernement local.

La situation dans la ville de Chengannur, située à plus d’une centaine de kilomètres au nord de Thiruvananthapuram (capitale du Kerala), et qui a été coupée du monde pendant quatre jours, était particulièrement alarmante. Des bateaux de l’armée et des militaires ont été envoyés dans cette ville, où selon les médias des corps ont été découverts.

Saji Cherian, qui représente Chengannur à l’Assemblée du Kerala, a dit à la télévision Asianet TV craindre un bilan d’au moins cinquante morts dans sa ville, et a éclaté en sanglots en réclamant des hélicoptères pour sauver les habitants.

Des régions isolées ont été approvisionnées en eau, en médicaments et en vivres par hélicoptères.

Aide financière

Selon le ministère indien de l’Intérieur, 868 personnes sont mortes dans sept États indiens depuis le début de la mousson. Selon le gouvernement local, les pertes causées par ces intempéries catastrophiques sont de 2,9 milliards de dollars « selon des estimations préliminaires ». Le coût définitif « ne pourra être établi que lorsque l’eau se sera retirée », précise le communiqué.

Pour renforcer les opérations de secours, le chef de l’exécutif du Kerala a demandé des financements supplémentaires ainsi que l’envoi de 20 hélicoptères et de 600 bateaux à moteur en plus de ceux qui sont déjà déployés sur le terrain.

Le premier ministre indien, Narendra Modi, qui a survolé samedi en hélicoptère l’État sinistré, a annoncé une aide immédiate de 75 millions de dollars.