Pollution: la Chine sur la bonne voie

Des serres portant des panneaux solaires sur leurs toits, dans un village de la province de Guizhou. Depuis 2014, la Chine a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles.
Photo: Agence France-Presse Des serres portant des panneaux solaires sur leurs toits, dans un village de la province de Guizhou. Depuis 2014, la Chine a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles.

Une étude publiée par la revue Nature Geoscience confirme que le pays aurait déjà atteint les cibles de baisse d’émissions de CO2 imposées par l’Accord de Paris. Avec douze ans d’avance sur les prévisions.

Premier pays émetteur de gaz à effet de serre de la planète, la Chine est en bonne voie en matière de réduction de ses émissions de CO2. Dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015, le pays s’était engagé à atteindre un pic d’ici à 2030. L’étude menée par le département des sciences de l’Université Tsinghua de Pékin et publiée dans la revue britannique Nature Geoscience confirme que la Chine aurait d’ores et déjà atteint ce pic et donc entamé une baisse de ses émissions de CO2.

Xie Zhenhua, le représentant spécial du gouvernement sur le changement climatique, avait déjà annoncé que le pays pourrait atteindre ce niveau plus vite que prévu et même « éliminer environ 30 % de sa production de dioxyde de carbone en se concentrant sur les secteurs industriels ». Les émissions de CO2 ont cumulé avec un record de 9,53 gigatonnes en 2013, avant de diminuer les trois années suivantes jusqu’à 9,2 gigatonnes en 2016.

« À moins qu’il y ait une quantité de changements significatifs, comme cela avait été le cas avec l’intervention gouvernementale dans le plan de relance économique de 2008, les émissions de CO2 du pays se stabiliseront et diminueront graduellement », a assuré Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l’Université East Anglia de Norwich et auteur de l’étude.

Consommation réorientée

Mais cette baisse précoce est remise en question par Greenpeace. En mai, l’ONG avait estimé que les émissions chinoises de CO2 avaient progressé de 4 % au premier trimestre 2018, après avoir augmenté de 2 % l’an dernier.

De 2000 à 2013, les émissions de CO2 ont augmenté de 9,3 % tous les ans dans le pays. Une hausse principalement liée à la croissance économique chinoise bondissante à cette période. La Chine brûlait du charbon et du pétrole de très haute qualité, bien plus chargé en CO2. Mais en mars 2014, l’empire du Milieu a bouleversé son économie et sa production énergétique. La Chine entreprend un changement structurel important. Li Keqiang, premier ministre chinois, affirme alors que le pays entre « en guerre contre la pollution » et intègre à son plan quinquennal une dimension écologique nouvelle.

La Chine a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles. Les entreprises et institutions les plus polluantes ont été taxées. Grâce à des subventions et à des recommandations, comme un passage forcé du chauffage au charbon au chauffage au gaz ou électrique, le pays peut aujourd’hui se vanter d’être le leader mondial des énergies renouvelables. « Entre 2013 et 2016, la baisse de 4,2 % des émissions de CO2 chinoises a été encouragée par des changements structurels sur le plan industriel, en allant jusqu’à faire aussi baisser la part des énergies dérivées du charbon », analyse le rapport.

En mai 2017, alors que les États-Unis annonçaient leur retrait de l’Accord de Paris sur le climat, la Chine s’est engagée à investir 360 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici à 2020.