Trump propose une rencontre à la frontière des Corées

Le président américain, Donald Trump
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Le président américain, Donald Trump

Donald Trump a estimé lundi que la zone démilitarisée à la frontière entre les deux Corées pourrait être un lieu fort pour son sommet à venir avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, mentionnant aussi Singapour parmi les possibilités.

« Il y a quelque chose que j’aime bien dans cette idée », a lancé le président américain lors d’une conférence de presse dans les jardins de la Maison-Blanche.

Comme chaque fois qu’il évoque le dossier nord-coréen ces dernières semaines, M. Trump n’a pas caché son optimisme sur l’issue de ce face-à-face historique, réaffirmant sa conviction que les États-Unis n’avaient « jamais été aussi près » d’un potentiel changement historique sur la péninsule coréenne.

Au fil des jours, le président américain a réduit la liste des endroits possibles pour sa rencontre prévue « dans les trois ou quatre prochaines semaines » — à tous le moins d’ici début juin — pour évoquer une « dénucléarisation » après des mois d’escalade liée aux programmes nucléaires et balistiques de Pyongyang.

« Nous étudions aussi d’autres pays, comme Singapour. Tout le monde nous veut », a-t-il assuré vendredi.

D’après la chaîne de télévision CBS, deux pays sont encore en lice : la Mongolie et Singapour. Le quotidien japonais Asahi Shimbun rapporte de son côté que la Mongolie a été écartée pour des raisons de sécurité, et évoque aussi l’hypothèse de Singapour ainsi que Genève, en Suisse, pays neutre où siègent plusieurs organes des Nations unies chargés du désarmement et de la non-prolifération.

Comme souvent, le locataire de la Maison-Blanche avait, d’un tweet, lui-même alimenté les conjectures. « De nombreux pays sont évoqués pour le sommet, mais la Maison de la paix, à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, ne serait-elle pas un site plus représentatif, plus important et plus durable qu’un pays tiers ? Je demande simplement ! », a écrit le président des États-Unis sur Twitter.

Maison de la paix

Lors du sommet intercoréen de vendredi, où Kim Jong-un a rencontré le président sud-coréen, Moon Jae-in, à Panmunjom, dans la zone démilitarisée, les deux hommes se sont rendus à pied à la Maison de la paix, une structure de verre et de béton où fut signé l’armistice mettant fin à la guerre de 1950-1953 entre les deux Corées.

En fait, la piste de la zone démilitarisée est considérée depuis un certain temps déjà par la Maison-Blanche comme une option crédible, le choix du lieu du sommet se révélant être un casse-tête pour les négociateurs.

Le dirigeant nord-coréen, qui ne s’est rendu qu’une fois à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011 — c’était en Chine il y a un mois —, s’est déplacé dans un train blindé, car il évite notoirement de prendre l’avion, comme ses prédécesseurs. Plusieurs experts évoquent aussi les craintes de Kim Jong-un pour sa sécurité, qui le pousseraient à éviter un déplacement trop lointain ou dans un pays jugé inamical.

De la même manière, aller à Pyongyang serait probablement perçu comme une concession symbolique trop forte de la part du président américain, tandis que la Chine reste, aux yeux de Washington, un trop proche allié de la Corée du Nord.