Les États-Unis caressent l’espoir d’une issue politique en Afghanistan

Le président Ghani a tendu la main aux insurgés, laissant entrevoir aux talibans un rôle institutionnel en tant que parti politique.
Photo: Hamed Sarfarazi Associated Press Le président Ghani a tendu la main aux insurgés, laissant entrevoir aux talibans un rôle institutionnel en tant que parti politique.

Les États-Unis entrevoient une possible issue diplomatique à la plus longue guerre de leur histoire après ce qu’ils considèrent comme un succès du Processus de Kaboul sur la paix en Afghanistan.

Après 17 ans de conflit et d’insurrection, et échaudés par l’échec de plusieurs initiatives de paix officielles ou secrètes depuis l’intervention armée qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, les responsables américains sont loin de crier victoire, et s’attendent même à un regain de violences avec la fin de l’hiver.

Mais dans leurs déclarations publiques comme en petit comité, ils estiment que la conférence internationale qui s’est tenue cette semaine dans la capitale afghane peut être un pas décisif vers des négociations entre le gouvernement du président Ashraf Ghani et les talibans.

Le président Ghani a tendu la main aux insurgés, laissant entrevoir aux talibans un rôle institutionnel en tant que parti politique. Il a certes réclamé un cessez-le-feu et la reconnaissance de la Constitution de 2004 qui protège les droits des femmes et des minorités, mais il s’est dit prêt à la « modifier ».

« Les constitutions sont des documents vivants », qui peuvent évoluer, glisse à l’AFP un haut responsable américain sous couvert d’anonymat, qui espère de possibles compromis autour de ce point de blocage.

« Signaux positifs »

Autre point de satisfaction pour Washington : le président Ghani s’est abstenu, durant les deux jours de la conférence, de tenir les discours véhéments qu’il a pu prononcer par le passé à l’égard du Pakistan voisin.

Le gouvernement américain de Donald Trump est lui-même très virulent à l’égard d’Islamabad, accusé ouvertement d’être trop tendre à l’égard des groupes islamistes radicaux et notamment des talibans afghans. Il a même gelé début janvier une partie de son aide financière en matière militaire.

Mais il sait qu’in fine, toute solution diplomatique devra inclure les autorités pakistanaises. D’autant que, selon le commandant des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joseph Votel, les États-Unis commencent à recevoir des « signaux positifs » de l’armée pakistanaise, notamment avec un meilleur échange d’informations.

Autant de développements qui font penser aux responsables américains, à Kaboul comme à Washington, que la « stratégie » pour la région dévoilée par Donald Trump en août va dans le bon sens. Revenant sur sa volonté initiale, le président républicain avait alors renoncé à un retrait militaire et même augmenté le nombre de troupes américaines, redoublé la pression sur le Pakistan et laissé la porte ouverte à un dialogue avec « une partie des talibans ».