Froid diplomatique à la cérémonie de clôture des JO

La fille aînée de Donald Trump, Ivanka Trump, et le général nord-coréen Kim Yong-chol, dimanche, lors de la cérémonie de clôture
Photo: Natacha Pisarenko Associated Press La fille aînée de Donald Trump, Ivanka Trump, et le général nord-coréen Kim Yong-chol, dimanche, lors de la cérémonie de clôture

Le général nord-coréen Kim Yong-chol et la fille aînée de Donald Trump, Ivanka, ont assisté dimanche à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Pyeongchang, ultime illustration des « Jeux de la paix » mis en avant par Séoul, toutefois précédée par de nouvelles joutes verbales entre Washington et la Corée du Nord.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a serré la main d’Ivanka Trump et peu après celle du général Kim Yong-chol, assis une rangée derrière la fille du président américain. Mais les représentants de la Corée du Nord et des États-Unis n’ont pas eu de contacts directs, a confirmé un responsable du gouvernement américain.

Plus tôt, la délégation nord-coréenne, emmenée par un général controversé considéré comme un « criminel de guerre » par l’opposition sud-coréenne, avait été accueillie par le vice-ministre de l’unification de Séoul, Chun Hae-sung au poste-frontière de Dorasan.

La venue de Kim Yong-chol a provoqué l’ire de l’opposition conservatrice sud-coréenne, car il est soupçonné d’avoir notamment ordonné en 2010 le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan, qui avait fait 46 morts, même si Pyongyang a toujours rejeté toute responsabilité dans ce drame.

Changement de ton

La présence à Pyeongchang de cette délégation de huit membres est l’ultime illustration de la frénésie diplomatique qui s’est emparée de la péninsule depuis que le Nord a annoncé à la surprise générale en début d’année qu’il participerait aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

Pour la cérémonie d’ouverture, le leader nord-coréen, Kim Jong-un, avait dépêché sa soeur Kim Yo-jong. À l’occasion de ce premier voyage dans le Sud d’un membre de la dynastie qui dirige le Nord depuis des décennies, elle avait invité M. Moon à un sommet à Pyongyang. Ce dernier s’est pour l’heure bien gardé de répondre à cette invitation.

Samedi, M. Moon a rencontré le général Kim pendant une heure, a annoncé la présidence sans donner de détails.

En jouant la carte de la détente avec le Sud, certains experts pensent que le Nord tente de polir son image pour obtenir un assouplissement radical des sanctions internationales engendrées par ses programmes militaires interdits et d’enfoncer un coin dans les relations entre Séoul et Washington.

Mais, signe que cette « trêve olympique » n’a sur le fond rien réglé dans l’épineux dossier nucléaire, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions unilatérales contre la Corée du Nord qui l’a accusé samedi d’amener « les nuages de la guerre » sur la péninsule.

« Comme nous l’avons dit de nombreuses fois, nous considérerons tout type de blocus comme un acte de guerre contre nous », a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle de presse KCNA.

« Trump essaie de nous faire changer avec ces sanctions et ses propos hostiles, ce qui montre son ignorance à notre sujet », a affirmé le ministère nord-coréen des Affaires étrangères. « Nous avons déjà nos propres armes nucléaires, une épée de justice chérie pour nous protéger de ce genre de menace des États-Unis. »

Ouverture à Pyongyang

Autre exemple de la tension entre les deux puissances : Mike Pence a déclaré au cours d’un rassemblement conservateur à Washington que Kim Yo-jong était « un pilier central du régime le plus tyrannique et oppressif de la planète ».

Ce qui a conduit Pyongyang à déclarer dimanche qu’il n’y aurait « jamais de discussions directes » avec ceux qui ont « calomnié la dignité de notre leader suprême ».

Un peu plus tard, la présidence sud-coréenne a toutefois assuré qu’au cours de sa rencontre avec la délégation nord-coréenne, la Corée du Nord s’était montrée « disposée » à avoir des pourparlers avec les États-Unis. La délégation nord-coréenne « a convenu que les pourparlers inter-coréens et les relations du Nord avec les États-Unis devraient s’améliorer en même temps », a assuré Séoul dans un communiqué.

« Nous verrons si le message de Pyongyang aujourd’hui, selon lequel il souhaite avoir des discussions, représente le premier pas sur la voie de la dénucléarisation », a réagi la Maison-Blanche dimanche dans un communiqué.

« Dans le même temps, les États-Unis et le monde doivent continuer de faire comprendre que les programmes nucléaire et de [mise au point de] missiles de la Corée du Nord sont une impasse », a-t-elle ajouté.