Droits de la personne: Macron refuse de «donner des leçons» à la Chine

« Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée », a dit le président français, Emmanuel Macron.
Photo: Mark Schiefelbein Associated Press « Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée », a dit le président français, Emmanuel Macron.

Pékin — Le président français, Emmanuel Macron, ne veut pas s’exprimer publiquement et « donner des leçons » à la Chine sur les droits de la personne, car cela est « totalement inefficace », a-t-il dit lors de sa visite d’État à Pékin qui prenait fin mercredi.

« Il y a des différences entre nous qui sont liées à notre histoire, à nos philosophies profondes, à la nature de nos sociétés », a expliqué le président français mardi soir lors de la déclaration commune aux côtés de son homologue chinois, Xi Jinping.

« Je peux me faire plaisir en donnant des leçons à la Chine en parlant à la presse française. Ça s’est beaucoup fait, ça n’a aucun résultat », a-t-il fait valoir ensuite devant des journalistes lors de la visite d’une galerie d’art à Pékin.

La question des droits de la personne sera abordée par Emmanuel Macron en privé lors de sa visite, avait assuré l’Élysée avant le voyage. Mais le président français se refuse à en parler publiquement.

« C’est totalement inefficace. Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée », a-t-il ajouté.

L’organisation de défense des droits de la personne Human Rights Watch (HRW) avait demandé à M. Macron de réclamer « publiquement » au président Xi des améliorations sur ce front. HRW évoquait en particulier le cas de Liu Xia, la veuve du Prix Nobel de la paix décédé Liu Xiaobo, assignée à résidence sans avoir jamais été poursuivie officiellement.

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a déploré ce silence public sur « une réalité qui tue », évoquant notamment dans un communiqué « les millions de prisonniers des camps de travail, les milliers d’exécutions annuelles, l’absence d’élections libres depuis plus de soixante ans, le contrôle et la censure de la presse, des médias et de l’Internet ».

« La LDH ne peut accepter de voir à nouveau en Chine la France céder à une raison économique motivée par l’objectif d’atténuer un déséquilibre commercial, quel qu’en soit le prix », écrit l’ONG française.

Le président français avait également été interpellé par le Congrès mondial ouïghour, une organisation d’exilés d’une minorité chinoise musulmane, dont une partie se plaint de discriminations religieuses, sociales et économiques. Une frange radicalisée a commis ces dernières années des attentats meurtriers. Pékin impose une sécurité draconienne dans la région du Xinjiang (nord-ouest), où vivent la majorité des Ouïghours.

Emmanuel Macron a cependant confirmé qu’il a abordé le dossier des droits de la personne lors de sa visite.

« Ces préoccupations, je les ai évoquées avec le président Xi Jinping. Il sait qu’elles existent en Europe, en particulier sur le sujet des libertés et des droits universels. Et je sais que pour lui le sujet est important », a indiqué M. Macron aux côtés de son homologue.

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 11 janvier 2018 06 h 51

    Décevant


    Une réponse bien classique du président Macron. Qui ne témoigne pas d'une grande originalité et vigueur morale. C'est décevant. Si je comprends bien, primauté des affaires oblige.

    M.L.

  • Steve Brown - Inscrit 12 janvier 2018 05 h 04

    Aucun

    « Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée » — Emmanuel Macron

    « Emmanuel Macron a cependant confirmé qu’il a abordé le dossier des droits de la personne lors de sa visite. »

    Et félicitation pour la grande réussite diplomatique du 18 septembre 2017, à New York alors que le président français rencontrais le président du Rwanda Paul Kagame.

    http://www.theeastafrican.co.ke/news/Rwandan-and-F

    Steve Brown
    Lévis