Pyongyang accepte l’offre sud-coréenne de discussions

La rencontre aura lieu à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-1953).
Photo: Ed Jones Agence France-Presse La rencontre aura lieu à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-1953).

Séoul — La Corée du Nord a accepté vendredi la proposition sud-coréenne de discussions mardi prochain, a annoncé le ministère sud-coréen de l’Unification, responsable des relations intercoréennes. « La Corée du Nord nous a faxé ce matin un message, indiquant qu’elle acceptait la proposition de discussions le 9 janvier faite par le Sud », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère.

 

La rencontre aura lieu à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53). Le porte-parole du ministère de l’Unification, Baek Tae-Hyun, a déclaré aux journalistes que ces discussions porteraient notamment sur les Jeux olympiques de Pyeongchang, qui se tiennent du 9 au 25 février, et sur « la question de l’amélioration des relations intercoréennes ».

 

Ce dialogue intervient après deux années de dégradation du climat sur la péninsule, au cours desquelles la Corée du Nord a mené trois essais nucléaires et multiplié les essais de missiles. Elle affirme aujourd’hui avoir atteint son objectif militaire, à savoir être en mesure de menacer du feu nucléaire l’ensemble du territoire continental américain.
 

Plus tôt jeudi, le ministre américain de la Défense, James Mattis, a affirmé que la décision de reporter les manoeuvres militaires avec la Corée du Sud, après les Jeux olympiques de Pyeongchang, avait été prise pour des raisons pratiques et non politiques. « Pour nous, c’est une question pratique », a déclaré M. Mattis à quelques journalistes au Pentagone, notant que les Jeux olympiques de Pyeongchang, qui se tiennent du 9 au 25 février, sont le plus gros événement touristique pour la Corée du Sud cette année.

« Il nous est déjà arrivé de modifier le calendrier de ce genre [d’exercices] pour des raisons diverses, donc pour nous c’est un échange normal de bons procédés. » Il a précisé que les manoeuvres militaires auraient lieu après les Jeux paralympiques, qui s’achèvent le 18 mars.

Jeudi matin, le bureau du président sud-coréen, Moon Jae-in, a déclaré que les États-Unis et la Corée du Sud avaient convenu de reporter les manoeuvres militaires prévues entre les deux pays pendant les JO de Pyeongchang.

« Les deux dirigeants ont convenu que les manoeuvres militaires communes américano-sud-coréennes n’auraient pas lieu durant la période olympique et que les forces armées des deux pays feraient de leur mieux pour garantir la sécurité des Jeux », selon un communiqué de la présidence sud-coréenne. D’après Séoul, cette décision a été prise mardi lors d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants.

Bonne nouvelle pour les Jeux

M. Moon a déclaré au président Donald Trump que le report de ces manoeuvres, qui suscitent régulièrement l’ire de Pyongyang, contribuerait au succès des JO d’hiver « dans l’hypothèse où le Nord ne se livre pas à de nouvelles provocations », selon le communiqué.

« Le département de la Défense soutient la décision du président et ce qui est dans l’intérêt supérieur de l’alliance américano-sud-coréenne », a commenté un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning.

Cette annonce est intervenue quelques heures après les déclarations de Donald Trump estimant que les discussions entre la Corée du Sud et la Corée du Nord étaient « une bonne chose ».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a « salué » jeudi la suspension des manoeuvres militaires durant les JO. Moscou « observe avec satisfaction » que ses appels en faveur de l’arrêt des manoeuvres ont été « pris en compte », a déclaré le vice-ministre, cité par l’agence publique Ria Novosti.

Pyongyang a multiplié ces derniers mois les tirs de missiles balistiques et mené son sixième essai nucléaire. En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé de multiples trains de sanctions contre Pyongyang.

Mais 2018 a débuté sur une tonalité différente, avec une volonté apparente d’apaisement. Les deux Corées ont remis mercredi en service un téléphone rouge transfrontalier fermé depuis 2016, après que le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a évoqué une participation de son pays aux JO d’hiver en février à Pyeongchang en Corée du Sud.

Séoul a répondu à cette ouverture sur le dossier olympique en proposant la tenue de discussions de haut niveau le 9 janvier, pour la première fois depuis 2015.

Interrogé sur le début de réchauffement entre les deux Corées, James Mattis a estimé qu’il était le résultat des pressions internationales sur le régime de Pyongyang, notamment les récentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.