Deux journalistes de Reuters arrêtés au Myanmar

Un soldat myanmarais monte la garde devant la c<span>athédrale de l'Immaculée-Conception</span>, à Rangoun.
Photo: Lilian Suwanrumpha Archives Agence France-Presse Un soldat myanmarais monte la garde devant la cathédrale de l'Immaculée-Conception, à Rangoun.

Deux journalistes de l’agence Reuters au Myanmar ont été arrêtés pour détention d’« importants documents de sécurité », a annoncé le gouvernement mercredi.

Wa Lone, 31 ans, et Kyaw Soe Oo, 27 ans, étaient portés disparus depuis mardi soir, avait auparavant indiqué l’agence de presse canado-britannique.

Tous deux ont été arrêtés aux termes de la loi sur les secrets d’État et accusés d’avoir voulu « envoyer d’importants documents de sécurité à propos des forces de sécurité dans l’État Rakhine à des agences étrangères hors du pays », selon un communiqué du ministère de l’Information.

L’État Rakhine s’est retrouvé au centre de l’actualité après une opération de l’armée myanmaraise qui a suscité depuis août l’exode de plus de 620 000 musulmans rohingyas vers le Bangladesh voisin.

Une photo montrait les deux journalistes menottés devant des documents éparpillés.

« Nous tentons urgemment de rassembler davantage d’informations à propos des circonstances de leur arrestation et de leur situation actuelle », a déclaré la responsable de la communication de Reuters, Abbe Serphos.

Avant d’entrer à l’agence en juin 2016, Wa Lone avait travaillé pour le quotidien de langue anglaise The Myanmar Times. Kyaw Soe Oo travaille pour Reuters depuis septembre, a précisé l’agence.

Dans son communiqué, le gouvernement ajoute que des poursuites seront également engagées contre deux policiers revenus récemment de leur poste dans le nord de l’État Rakhine.

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, premier exécutif civil au Myanmar depuis des décennies, les défenseurs de la liberté de la presse pointent le peu de progrès réalisé dans ce domaine.

Début novembre, deux journalistes — une Malaisienne et un Singapourien — travaillant pour une télévision turque avaient été condamnés à deux mois de prison fermes pour avoir fait voler un drone au-dessus du Parlement, en attendant d’autres inculpations. Un journaliste myanmarais et un chauffeur qui travaillaient avec eux ont également été condamnés.

Plusieurs régions du pays sont inaccessibles aux journalistes, y compris la majeure partie de l’État Rakhine.