Pékin et Hanoï s’engagent à «ne pas compliquer le conflit» en mer de Chine

Le président chinois Xi Jinping à Hanoï
Photo: Luong Thai Linh Agence France-Presse Le président chinois Xi Jinping à Hanoï

Hanoï — Le Vietnam et la Chine se sont engagés lundi à « ne pas compliquer le conflit » en mer de Chine méridionale, un signe de bonne volonté rare émis à l’issue d’une visite du président chinois Xi Jinping à Hanoï.

Selon une déclaration conjointe publiée à l’issue de la visite, les deux parties se disent d’accord pour « ne pas prendre d’initiative pouvant compliquer le conflit ».

Confirmant une information de l’agence Chine nouvelle selon laquelle Pékin et Hanoï sont parvenus dimanche à un « consensus », ce texte assure leur détermination à « maintenir la paix et la stabilité en mer de Chine méridionale ».

Les deux pays sont à couteaux tirés sur le sujet habituellement. Pékin revendique comme sienne la majorité de la mer de Chine méridionale, où des riverains (Vietnam, Philippines, Malaisie et Bruneï) ont des prétentions rivales.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping y a fait renforcer des récifs contrôlés par la Chine afin d’y construire des installations, notamment militaires (pistes d’atterrissage, armements).

Cette mer stratégique, où transitent chaque année pour 5000 milliards de dollars de marchandises, est réputée contenir sous le plancher océanique de vastes réserves de gaz et de pétrole. Les tensions récurrentes entre pays riverains sont perçues comme une source potentielle de conflit en Asie.

Trump, médiateur ?

Donald Trump, lui aussi en visite à Hanoï dimanche, a offert au Vietnam d’être « médiateur » dans ce conflit.

« Si je peux servir d’intermédiaire ou d’arbitre, faites-le moi savoir… Je suis un très bon médiateur », avait-il déclaré, au risque de crisper le gouvernement chinois qui répète que les États-Unis n’ont aucun rôle à jouer en mer de Chine méridionale, où les problèmes doivent être gérés de façon bilatérale.

Cette déclaration intervient alors que la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est de l’Asean (réunis en sommet aux Philippines) doivent annoncer un « code de conduite » sur la mer de Chine méridionale, sur laquelle plusieurs des pays du groupe ont des prétentions territoriales concurrentes de Pékin.

La Chine insiste sur le fait que ce « code » ne doit pas avoir d’obligation légale.