Trump n’exclut pas, un jour, de rencontrer Kim Jong-un

Donald Trump en compagnie du premier ministre japonais, Shinzo Abe, et de leurs épouses.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Donald Trump en compagnie du premier ministre japonais, Shinzo Abe, et de leurs épouses.

Washington — Le président américain, Donald Trump, n’a pas exclu de rencontrer le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, pour le convaincre de renoncer à ses ambitions nucléaires, même s’il a jugé un tel scénario prématuré.

Interrogé dans l’émission Full Measure diffusée dimanche sur sa disponibilité à rencontrer « le dictateur », il s’est dit « prêt à rencontrer tout le monde ».

« Je ne pense pas qu’il s’agisse de force ou de faiblesse, s’asseoir à une table avec des gens n’est pas une mauvaise chose », a estimé Donald Trump, soulignant qu’il rencontre déjà « beaucoup des personnes » comme durant la tournée qu’il vient d’entamer en Asie, dominée par les tensions avec la Corée du Nord.

« Donc je serais bien sûr prêt à faire ça, mais attendons de voir la tournure que ça prend, je pense que c’est bien trop tôt » pour envisager une rencontre au sommet avec Kim Jong-un, a-t-il ajouté.

Le président américain avait déjà dit en mai qu’il serait « honoré » de rencontrer le dirigeant nord-coréen « si les conditions étaient réunies ».

Mais cette hypothèse n’avait pas été réitérée depuis, et le ton s’est envenimé entre les deux hommes, notamment après de nouveaux essais nucléaires et de missiles balistiques nord-coréens.

Donald Trump a promis « le feu et la colère » au régime nord-coréen et a même menacé devant l’ONU de « détruire totalement » la Corée du Nord en cas d’attaque. Il a affublé Kim Jong-un du sobriquet de Rocket Man, ou « homme-fusée », et le dirigeant nord-coréen l’a qualifié en retour de « gâteux américain mentalement dérangé ».

Le président des États-Unis avait désavoué début octobre son secrétaire d’État, Rex Tillerson, pour avoir évoqué l’existence de canaux de communication directs pour « sonder » Pyongyang, en vue de possibles futures discussions sur sa dénucléarisation. « Il perd son temps à négocier », avait-il tweeté.

De son côté, la Corée du Nord a encore exclu, ces derniers jours, toute négociation.

Washington affirme chercher une issue diplomatique à cette crise, mais brandit constamment l’option militaire, affirmant être prêt à répondre à toute « provocation » ou attaque nord-coréenne.

Interrogé par deux membres du Congrès américain sur les scénarios en cas de conflit, le Pentagone explique, dans une lettre mise en ligne par le parlementaire Ted Lieu, qu’une « invasion terrestre est la seule manière de localiser et de détruire, avec une totale certitude, toutes les composantes des programmes d’armement nucléaire nord-coréens ».

Dans ce document, l’état-major interarmées prévient qu’un tel conflit pourrait conduire Pyongyang à « utiliser des armes biologiques ». Il précise qu’il est « très difficile » d’évaluer le nombre de victimes potentielles en cas de guerre, car cela dépendrait notamment « de la nature, de l’intensité et de la durée d’une attaque nord-coréenne ».

Front uni contre Pyongyang

Le premier voyage officiel de Donald Trump en Asie a débuté, dimanche, par une partie de golf en compagnie du premier ministre japonais, Shinzo Abe. Les deux hommes ont discuté à bâtons rompus avant la tenue de discussions plus officielles prévues lundi à Tokyo.

M. Abe souhaite mettre sur pied un front uni face à la Corée du Nord et espère obtenir de la part du président américain la garantie que les États-Unis se porteront à la défense du Japon si l’île se fait attaquer par le régime de Pyongyang.

En soirée, les deux hommes d’État ont partagé un repas en compagnie de leurs épouses. M. Trump a déclaré que les deux pays n’ont jamais été aussi unis qu’actuellement.

Au cours de son périple asiatique, le président Trump se rendra dans cinq pays. Il devrait notamment rencontrer le président russe, Vladimir Poutine, ainsi que le président chinois, Xi Jinping.

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