La Corée du Nord répond à l’ONU par un nouveau tir de missile au-dessus du Japon

Ce tir est la réponse du régime de Pyongyang au huitième train de sanctions voté à l’unanimité par le conseil de sécurité des Nations unies.
Photo: Jung Yeon-Je Agence France-Presse Ce tir est la réponse du régime de Pyongyang au huitième train de sanctions voté à l’unanimité par le conseil de sécurité des Nations unies.

Séoul — La Corée du Nord a répondu aux sanctions votées par le conseil de sécurité de l’ONU par un nouveau tir de missile dans le Pacifique vendredi, au-dessus du Japon, tir aussitôt dénoncé par Tokyo « dans les termes les plus forts ».

« Le Japon ne tolérera jamais ces provocations à répétition et nous avons protesté vigoureusement auprès de la Corée du Nord », a averti le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga, s’exprimant quelques minutes après le survol de l’archipel par ce missile encore non identifié.

Le représentant des autorités nippones a également répété la volonté du Japon d’agir « en lien avec les États-Unis, la Corée du Sud et les autres pays concernés pour répondre de façon appropriée et avec le sens de l’urgence » à ce nouvel acte de Pyongyang.

Le président américain Donald Trump a été informé de ce nouveau tir, a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche.


Plus loin et plus haut

L’engin a survolé l’île septentrionale japonaise de Hokkaido à 07 h 06 minutes locales (jeudi 22 h 06 GMT), a annoncé le gouvernement nippon, précisant l’annonce de ce tir faite quelques minutes plus tôt par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Il serait tombé dans le Pacifique à environ 2000 km à l’est d’Hokkaido, selon le ministère japonais de la Défense.

Les autorités japonaises ont souligné que le système d’avertissement J-Alert avait été déclenché dans plusieurs régions du nord de l’archipel après ce nouveau tir du régime de Pyongyang.

Ce nouveau tir est intervenu alors que le premier ministre japonais, Shinzo Abe, se trouve en visite en Inde où, jeudi, il a de nouveau appelé à renforcer la pression sur la Corée du Nord.

C’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’un missile nord-coréen survole l’archipel. Le précédent engin passé au-dessus du nord du Japon, un missile intercontinental, avait été tiré le 29 août.


La question nucléaire

Entre-temps, la Corée du Nord a aussi signé le sixième essai nucléaire de son histoire, le 3 septembre.

Mercredi, le site spécialisé 38 North de l’Université Johns Hopkins de Washington a d’ailleurs révisé à la hausse sa précédente estimation de la puissance de cet engin, une bombe H suffisamment petite pour être montée sur un missile selon les dires de Pyongyang. D’après les experts de 38 North, l’énergie dégagée était d’« environ 250 kilotonnes », soit 16 fois la puissance de la bombe qui a rasé Hiroshima en 1945.

D’après le ministère sud-coréen de la Défense, ce nouveau missile tiré vendredi depuis un site proche de l’aéroport de Pyongyang, aurait parcouru une distance d’environ 3700 km et atteint une altitude maximale de 770 km. Soit plus loin et plus haut que le missile Hwasong-12 tiré fin août au-dessus du Japon.

Ce tir est donc la réponse du régime de Pyongyang au huitième train de sanctions voté à l’unanimité par le conseil de sécurité des Nations unies lundi à New York, après le dernier essai nucléaire nord-coréen.


Série de sanctions

Mais la surprise est loin d’être totale, Pyongyang ayant promis dès mercredi d’accélérer ses programmes militaires interdits, en réponse aux sanctions « maléfiques » imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Ces nouvelles sanctions internationales prévoient notamment un embargo sur les exportations de gaz vers la Corée du Nord, une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés, ainsi que l’interdiction d’achat de textile provenant de ce pays. Cela ne serait, a prévenu le président américain Donald Trump, que le prélude à des mesures plus fortes.

L’Union européenne a également renforcé jeudi son arsenal de sanctions contre la Corée du Nord, en adoptant des mesures décrétées début août par les Nations unies en réponse au tir réussi d’un missile balistique intercontinental (ICBM) nord-coréen capable d’atteindre le continent nord-américain.

L’UE a pour habitude de s’aligner systématiquement sur les sanctions décidées à l’ONU et elle a d’ores et déjà promis d’adopter également les nouvelles mesures punitives onusiennes – dont une limitation des livraisons de pétrole – décrétées lundi contre le régime dirigé par Kim Jong-un après son puissant essai nucléaire de début septembre.

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 14 septembre 2017 20 h 30

    Comprends pas !

    « Le Japon ne tolérera jamais ces provocations à répétition et nous avons protesté vigoureusement auprès de la Corée du Nord » (Yoshihide Suga, Secrétaire général du Cabinet, Japon)

    Bien sûr que certes, mais cette question :

    Comment se fait-il que le Japon, la Corée du Sud et les É.-U., avec leur arsenal militaire de pointe, demeurent comme INCAPABLES d’intercepter, drett-là, ce genre de tir nord-coréen ?

    Comprends pas ! - 14 sept 2017 -