Il y a 72 ans survenait le bombardement d'Hiroshima

À l’aube, dimanche, à Hiroshima, des Japonais ont honoré la mémoire des leurs tués il y a 72 ans par la bombe atomique «Little Boy».
Photo: FSTR Jiji Press Agence France-Presse À l’aube, dimanche, à Hiroshima, des Japonais ont honoré la mémoire des leurs tués il y a 72 ans par la bombe atomique «Little Boy».

Tokyo — Le Japon a commémoré dimanche le premier bombardement atomique de l’histoire, qui a frappé il y a 72 ans Hiroshima, ville du sud du Japon.

Le 6 août 1945, à 8 h 15 heure locale, un bombardier B-29 américain baptisé Enola Gay  larguait sur cette cité la bombe atomique « Little Boy » et, trois jours plus tard, une autre bombe atomique, « Fat Man », frappait Nagasaki, conduisant à la reddition japonaise le 15 août et à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Au moment de cet anniversaire, les traditionnelles contradictions japonaises au sujet des armes nucléaires refont leur apparition.

Il y a un mois, le Japon avait rejoint les rangs des puissances nucléaires comme les États-Unis, la France ou la Grande-Bretagne pour bouder un traité interdisant les armes atomiques adopté par l’ONU.

Un monde sans armes

Le premier ministre, Shinzo Abe, qui s’exprimait au parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima, a déclaré que le Japon espérait militer pour un monde sans armes nucléaires d’une manière qui conviendrait à tous les pays du monde.

« Pour parvenir réellement à un monde sans armes nucléaires, nous avons besoin de la participation à la fois des États nucléaires et des États non nucléaires », a-t-il dit lors de la cérémonie annuelle de commémoration.

« Notre pays veut montrer la voie à la communauté internationale en encourageant les deux parties » afin de progresser vers la dénucléarisation, a-t-il dit, sans faire explicitement référence au traité de l’ONU.

Le Japon a critiqué le traité de l’ONU interdisant les armes atomiques en jugeant qu’il aggravait le fossé entre les pays dépourvus de l’arme nucléaire et ceux qui en sont dotés.

Aucun des neuf pays détenteurs de l’arme nucléaire — États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël — n’a pris part aux négociations.

D’une puissance équivalant à près de 16 kilotonnes de TNT, la bombe de Hiroshima a causé une déflagration faisant monter la température au sol à 4000 degrés. « Little Boy » a provoqué le jour même et dans les semaines suivantes le décès de 140 000 personnes. À Nagasaki, 74 000 personnes ont été tuées.

Crimes de guerre

Bon nombre de Japonais considèrent ces attaques visant des civils comme des crimes de guerre. Mais bon nombre d’Américains estiment qu’elles ont permis d’anticiper la fin de la guerre, et ainsi de sauver des vies.

Barack Obama s’était rendu à Hiroshima en mai 2016, la première visite d’un président américain en exercice.

3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 7 août 2017 07 h 58

    … vit !

    « Pour parvenir réellement à un monde sans armes nucléaires, nous avons besoin de la participation à la fois des États nucléaires et des États non nucléaires » (Shinzo Abe, premier ministre, parc Mémorial de la Paix de Hiroshima, Japon)

    Effectivement, mais, des forces en présences (États oui/non nucléaires) en quêtes opposées (mutuelles ?!?) de performance ou d’humanisation, leur participation à des discussions de paix tend à évoluer vers des pensées-actions polico-militaires et socio-économiques d’hésitation ou de radicalisation !

    Le jour où l’on va se mettre à la table et s’expliquer les motifs (du « pourquoi ») d’une telle évolution (rapports entre crainte, haine, paix), ou bien on risque de pitonner en même temps, ou bien …

    … vit ! - 7 août 2017 -

  • Marie-Josée Longtin - Abonné 7 août 2017 09 h 07

    Les mots qui innocentent

    Il me semble y avoir quelque chose d'indécent à cacher l'horreur de la bombe sous des mots inoffensifs. Little Boy ou Fat man sont des mots qui conviennent à la bande dessinée, mais l'arme qui donne la mort à plus de 200 000 personnes en un rien de temps ne peut faire l'objet d'un détournement de sens.

  • Michel Lebel - Abonné 7 août 2017 12 h 50

    L'oubli...


    Des millions de civils ont été tués par des bombardements alliés et allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Le bombardement nucléaire d'Hiroshima nous le rappelle tragiquement. Jamais plus cette descente aux enfers! Malheureusement les hommes semblent oublier. Les massacres d'innocents civils continuent hélas toujours.


    Michel Lebel