Plaidoyer pour des sanctions renforcées contre Pyongyang

Cette photo disribuée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA illustre le lancement réussi de mardi.
Photo: KCNA Cette photo disribuée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA illustre le lancement réussi de mardi.

Les États-Unis, soutenus par la France, vont proposer à l’ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, après le lancement historique par Pyongyang d’un missile intercontinental, mais la Russie a déjà prévenu mercredi qu’elle s’y opposait.

L’essai de missile ICBM, qui pourrait atteindre l’Alaska selon les experts, auquel Séoul et Washington ont répliqué en simulant une attaque du régime communiste, constitue une « claire et nette escalade militaire » de la Corée du Nord, a déclaré mercredi Nikki Haley devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni d’urgence.

Le numéro un nord-coréen, Kim Jong-un, a affirmé mardi que le tir d’un ICBM un 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, était un « cadeau » aux « salauds d’Américains ».

« Dans les prochains jours, nous présenterons […] une résolution proportionnée à l’escalade de la Corée du Nord », a ajouté Mme Haley à l’ONU.

La Russie, qui dispose d’un droit de veto, a affirmé qu’elle s’opposerait à de nouvelles sanctions autant qu’à une riposte militaire.

« Tout le monde doit admettre que les sanctions ne vont pas résoudre le problème », a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Vladimir Safronkov, ajoutant que « toute tentative de justifier une solution militaire est inadmissible ».

Photo: John MacDougall Agence France-Presse Le président sud-coréen Moon Jae-In a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel mercredi.

L’ambassadeur chinois à l’ONU, Liu Jieyi, a lui aussi estimé qu’une action militaire n’était « pas une option ».

À l’occasion d’une visite du président chinois, Xi Jinping, mardi à Moscou, la Russie et la Chine avaient appelé mardi à un double « moratoire » : Pyongyang arrêterait ses essais nucléaires et balistiques et Washington renoncerait à organiser des manoeuvres militaires conjointes avec son allié sud-coréen.

« Les États-Unis sont prêts à utiliser toute la panoplie de leurs moyens », y compris militaires, pour se défendre, a déclaré Mme Haley.

Évoquant « d’autres moyens », elle a expliqué avoir parlé avec le président américain, Donald Trump, de sanctions visant les pays qui continuent à commercer avec la Corée du Nord.

« Nous ne regarderons pas exclusivement la Corée du Nord. Nous regarderons tous les pays qui choisissent de faire des affaires avec ce régime hors-la-loi », a-t-elle déclaré.

M. Trump a lui-même accusé mercredi, sur Twitter, la Chine de saper les efforts des États-Unis en renforçant ses échanges commerciaux avec Pyongyang.

   

La France a elle aussi plaidé pour « un durcissement et un renforcement des sanctions » contre le régime communiste, selon son ambassadeur à l’ONU, François Delattre.

Le Conseil de sécurité a déjà adopté en 2016 deux régimes de sanctions pour augmenter la pression sur Pyongyang et tarir les devises qui servent au financement de ses programmes militaires, bannis par l’ONU.

Ces résolutions ont conduit à réduire de manière considérable les exportations de charbon nord-coréen, source majeure de revenus, et à contrôler davantage tous les chargements en provenance de ou vers la Corée du Nord.

Au total, l’ONU a imposé six régimes de sanctions à la Corée du Nord depuis son premier essai nucléaire en 2006.

Défi géopolitique

Le lancement réussi d’un missile intercontinental est un succès majeur pour le régime de Pyongyang, dont l’objectif avoué est d’être en mesure de menacer le sol continental américain du feu nucléaire.

« Nous avons confiance en notre capacité à nous défendre contre la menace limitée, naissante, qui est présente », a de son côté déclaré mercredi Jeff Davis, porte-parole du Pentagone.

Reste que, selon de nombreux experts, le Hwasong-14 testé mardi pourrait atteindre l’Alaska.

Cette percée constitue un défi géopolitique pour la Maison-Blanche et impliquera une réévaluation de la menace nord-coréenne.

Moins de 24 heures après cet essai largement condamné par la communauté internationale, Séoul et Washington ont répliqué mercredi par plusieurs tirs de missiles simulant une attaque contre le régime de Pyongyang.

« La retenue, qui est un choix, est ce qui sépare l’armistice de la guerre », a de son côté averti le général américain Vincent Brooks, commandant des forces américaines en Corée du Sud.

Washington «confiant» en sa défense contre les missiles nord-coréens

Le Pentagone s’est dit confiant mercredi dans la capacité des États-Unis à se protéger contre un missile nord-coréen, au lendemain du lancement historique par Pyongyang d’un engin intercontinental capable de toucher le sol américain.

Le tir de ce missile d’une portée de plus de 5500 kilomètres, le jour de la fête nationale américaine, qualifié par le dirigeant Kim Jong-Un de « cadeau » pour les « salauds d’Américains », a été effectué depuis un site qui n’était auparavant pas répertorié comme étant lié au programme balistique de Pyongyang, a affirmé Jeff Davis, porte-parole du ministère de la Défense.

« Nous avons confiance en notre capacité à nous défendre contre la menace limitée, naissante, qui est présente », a-t-il ajouté.

L’armée américaine a d’ailleurs intercepté en mai, pour la première fois, un missile balistique intercontinental grâce à un tir de la base aérienne de Vandenberg, en Californie.