Washington veut forcer Pyongyang au dialogue

Le chef du Pentagone, James Mattis, et le général Joseph Dunford, le plus haut gradé du pays, à l’issue d’une réunion exceptionnelle à la Maison-Blanche mercredi avec les 100 sénateurs américains
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le chef du Pentagone, James Mattis, et le général Joseph Dunford, le plus haut gradé du pays, à l’issue d’une réunion exceptionnelle à la Maison-Blanche mercredi avec les 100 sénateurs américains

Washington — Les États-Unis veulent ramener la Corée du Nord « sur le chemin du dialogue » pour mettre un terme à ses programmes militaires nucléaire et balistique, notamment par des sanctions économiques supplémentaires destinées à faire pression sur Pyongyang, ont indiqué mercredi des ministres américains.

« Nous sommes engagés avec des membres responsables de la communauté internationale pour augmenter la pression sur la Corée du Nord afin de convaincre le régime [de la nécessité] d’une désescalade et de reprendre le chemin du dialogue », ont écrit dans un communiqué le chef du Pentagone, James Mattis, le secrétaire d’État, Rex Tillerson, et le directeur du Renseignement américain, Dan Coats, à l’issue d’une réunion exceptionnelle à la Maison-Blanche avec les 100 sénateurs américains et le général Joseph Dunford, le plus haut gradé du pays.

« L’approche du président [Donald Trump] consiste à faire pression sur la Corée du Nord en vue d’un démantèlement de ses programmes nucléaire, de missiles balistiques et de prolifération en resserrant les sanctions économiques et en poursuivant la voie diplomatique avec nos alliés et nos partenaires régionaux », ont expliqué les dirigeants américains.

Approche Obama

À l’issue de leur réunion avec les parlementaires américains, MM. Mattis, Tillerson et Coats ont assuré que « les États-Unis recherchaient la stabilité et la dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne ». « Nous demeurons ouverts à des négociations tournées vers cet objectif. Mais nous restons prêts à nous défendre et à défendre nos alliés », ont-ils martelé, réitérant la position qu’avait déjà adoptée le gouvernement de Barack Obama à l’égard de la Corée du Nord et de ses programmes nucléaire et balistique condamnés par des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Lors d’un déjeuner lundi à la Maison-Blanche avec des ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité, le président Trump a été très clair : il sera le président qui « s’occupera de la Corée du Nord », y compris par une action militaire si la Chine ne parvient pas à contrôler Pyongyang, a rapporté un diplomate du Conseil de sécurité.

La Corée du Nord avait été impliquée entre 2003 et 2009 dans des négociations à six avec la Corée du Sud, le Japon, la Russie, les États-Unis et la Chine.

Injonction chinoise

Par ailleurs, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a de nouveau exhorté mercredi les États-Unis à stopper leurs manoeuvres militaires en Corée du Sud. « La poursuite des essais nucléaires viole les résolutions de l’ONU, mais la poursuite des manoeuvres militaires autour de la péninsule ne respecte pas non plus les résolutions de l’ONU », a déclaré M. Wang, en demandant l’arrêt des exercices militaires des armées américaine et sud-coréenne.

Séoul a annoncé des exercices conjoints avec un porte-avions américain attendu prochainement dans la région.