Les exécutions ont baissé de 37% dans le monde en 2016, selon Amnesty

Le directeur d'Amnesty International pour l'Asie de l'Est, Nicholas Bequelin, et le directeur adjoint du Global Issue Programme, James Lynch, à Hong Kong, lundi
Photo: Anthony Wallace Agence France-Presse Le directeur d'Amnesty International pour l'Asie de l'Est, Nicholas Bequelin, et le directeur adjoint du Global Issue Programme, James Lynch, à Hong Kong, lundi

Londres — La justice américaine a prononcé 32 condamnations à mort en 2016, le nombre le plus bas depuis 1973, et les exécutions ont également diminué de 37 % dans le monde l’an dernier par rapport à 2015, a annoncé mardi Amnesty International.

Au total, 32 condamnations à mort ont été prononcées aux États-Unis en 2016 et 20 exécutions ont eu lieu, ce qui place le pays en septième position dans le classement de ceux qui exécutent le plus dans le monde derrière la Chine (plusieurs milliers), l’Iran (+ de 567), l’Arabie saoudite (+ de 154), l’Irak (+ de 88), le Pakistan (87) et l’Égypte (44).

Au total, Amnesty a répertorié 1032 exécutions dans le monde en 2016 contre 1634 en 2015, qui était un nombre record depuis 1989.

 

Pour Salil Shetty, le secrétaire général de l’organisation non gouvernementale (ONG) basée à Londres, ce déclin est « un signe d’espoir pour les militants qui font campagne depuis longtemps pour mettre fin à la peine capitale ».

« Le débat est clairement en train de changer », juge-t-il dans le rapport annuel mondial sur la peine de mort d’Amnesty.

Amnesty a ajouté qu’il s’agissait « d’un signe clair que les juges, les procureurs et les jurés se détournent de la peine de mort comme moyen de rendre la justice ».

Le rapport note également de fortes baisses dans le nombre d’exécutions en Iran — en baisse de 42 % avec 567 exécutions en 2016 — et au Pakistan, en baisse de 73 % avec 87 exécutions.

Il y a aussi eu moins d’exécutions en Afrique sub-saharienne, mais le nombre de condamnations à mort a plus que doublé, principalement à cause d’une forte augmentation au Nigeria.
 

Le secret chinois

Ces statistiques ne prennent pas en compte la Chine qui exécute, selon Amnesty, davantage de personnes que tous les autres pays du monde cumulés, mais en gardant secret tout chiffre officiel.

« La Chine veut être un leader sur la scène mondiale, mais quand il s’agit de la peine de mort, elle suit le pire chemin possible en exécutant davantage de personnes chaque année que tout autre pays dans le monde », a regretté Salil Shetty.

« Il est grand temps pour la Chine de lever le voile sur ce secret mortel et de devenir finalement transparente sur son système de peine de mort », a-t-il appelé de ses voeux.

Amnesty a indiqué avoir répertorié pour le pays des articles de presse sur l’exécution d’au moins 931 personnes entre 2014 et 2016, une fraction du nombre total, mais seulement 85 % étaient enregistrées dans une base de données étatique.

1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2017 21 h 51

    C'est l'autre 63% qui me tracasse.