Pyongyang bientôt apte à lancer des missiles par sous-marin

Washington — La Corée du Nord pourrait avoir mis au point d’ici un an un missile balistique lancé par sous-marin, une arme qui accroîtra significativement la menace représentée par le régime de Pyongyang, selon un spécialiste américain.

Les Nord-Coréens devraient « essayer ou réussir un test à portée réelle d’ici les 12 prochains mois », a estimé mercredi Joseph Bermudez, un expert reconnu de la Corée du Nord qui travaille avec l’institut americano-coréen de l’université John Hopkins à Washington. Et ils devraient disposer d’un sous-marin lanceur de missiles, capable d’emporter 8 ou 12 engins, « d’ici à 2020 », a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a procédé depuis 2014 à une série d’essais pour ses missiles lancés par sous-marins (SLBM, submarine-launched ballistic missile).

Le dernier en date la semaine dernière a vu le missile prendre son envol, mais exploser durant sa première phase de vol, après avoir atteint une attitude d’environ 10000 mètres.

La portée de ces missiles est inconnue mais elle est inférieure à 4000 kilomètres, a indiqué Joseph Bermudez, en basant son estimation sur la taille de l’engin.

Le fait que les Nord-Coréens aient bientôt la possibilité de tirer des missiles depuis un sous-marin, et non depuis une installation statique, sera un « défi » pour les Américains et leurs alliés, a souligné M. Bermudez.

« La menace en est à son stade initial, mais a la capacité de devenir significative avec le temps », a-t-il déclaré.

Tensions en hausse

Depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, les tensions ne cessent de s’aggraver sur la péninsule.

La Corée du Nord a multiplié les tirs de missiles.

Selon les experts, elle avance également dans ses efforts pour mettre au point un missile intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière qu’ils allaient déployer le bouclier antimissile THAAD en Corée du sud et ont placé le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un sur une liste noire de personnes sanctionnées en invoquant de graves violations des droits de l’homme.

Pyongyang a assimilé ce geste à une « déclaration de guerre ».