Pékin appelle Washington à la prudence

Pékin — Le ministère chinois de la Défense a appelé jeudi la marine américaine à « faire attention » en mer de Chine méridionale, dénonçant par ailleurs la conclusion récente d’un accord militaire entre les États-Unis et les Philippines.

Manille a autorisé en mars l’accès de l’armée américaine à cinq de ses bases, dont certaines proches de la mer de Chine méridionale, objet de contentieux territoriaux avec Pékin.

La Chine juge « territoire national » la quasi-totalité de cette mer, dont certaines zones sont revendiquées par les Philippines mais aussi par le Vietnam, la Malaisie, Taïwan et Bruneï.

Washington a envoyé ces derniers mois des navires de guerre croiser à proximité d’îles contrôlées par Pékin, assurant ainsi défendre la liberté de navigation que les États-Unis estiment menacée par l’armée chinoise.

« Aux navires américains qui viennent, je ne peux que conseiller de faire attention à eux », a déclaré Yang Yujun, un porte-parole du ministère chinois de la Défense, interrogé sur un récent reportage américain relatant ces patrouilles de la marine américaine dans la zone.

Parmi les bases que pourront utiliser les forces américaines aux Philippines figure notamment la base aérienne Antonio Bautista, sur l’île de Palawan (ouest), qui fait face à la mer de Chine méridionale.

« Renforcer les alliances militaires est un reflet de la mentalité de guerre froide » de Washington, a réagi le porte-parole, interrogé sur le sujet.

« Les États-Unis sont de retour [aux Philippines], renforcent leur présence militaire dans la région et promeuvent la militarisation de la mer de Chine méridionale », a souligné Yang Yujun.

Washington dénonce régulièrement la militarisation opérée par Pékin dans cette mer, où l’armée chinoise a construit des pistes d’atterrissage et déployé des armements. La Chine rejette ces accusations, et accuse les patrouilles américaines de renforcer les tensions.

Des images satellites publiées en février montraient le déploiement par Pékin d’équipements radars et de missiles sol-air sur l’île Woody, contrôlée depuis plusieurs décennies par la Chine, mais également revendiquée par le Vietnam.