Pékin resserre son contrôle sur l’armée

Pékin — La Chine va réformer en profondeur ses structures militaires, a annoncé vendredi la presse officielle, une réorganisation visant à renforcer le contrôle du Parti communiste (PCC) sur l’armée chinoise.

L’Armée populaire de libération (APL) est depuis longtemps gangrenée par la corruption et le manque d’efficacité, alors même que Pékin adopte une position de plus en plus ferme avec ses voisins, notamment japonais et philippins, sur des différends territoriaux en mers de Chine orientale et méridionale.

La vaste campagne anticorruption lancée par Xi Jinping — que certains soupçonnent d’être motivée par des luttes de pouvoir — n’a pas épargné l’APL.

Et la chute de deux généraux, Guo Boxiong et Xu Caihou — décédé depuis —, parmi une longue liste de caciques militaires, a permis de réduire la résistance à une restructuration des forces armées.

Devant plus de 200 responsables gouvernementaux et hauts gradés militaires, réunis pendant trois jours, Xi Jinping, commandant en chef des armées, a souligné que « la direction suprême et le pouvoir de commandement de l’armée doivent être mieux centralisés sous le [contrôle du] Parti et de la Commission militaire centrale ».

L’APL est, en pratique, le bras armé du PCC, davantage que celui de l’État, et M. Xi a affirmé que « sous la direction du Parti, l’armée est passée de petite à grande, de faible à forte, et va de victoire en victoire », selon l’agence Chine nouvelle.

Changements attendus

Les états-majors de l’armée seront « réorganisés » sous la direction de la Commission militaire centrale, a annoncé Chine nouvelle après la fin de la réunion à huis clos jeudi.

Un système de commandement opérationnel commun sera créé, tout comme de nouvelles « zones de combat », a déclaré Xi Jinping, cité par Chine nouvelle, celles-ci devant remplacer les actuelles « régions militaires » ayant des structures de commandement séparées et des responsabilités administratives considérables.

Deux nouveaux services, de discipline militaire et d’audit, seront notamment établis afin de « se débarrasser du terreau sur lequel la corruption peut naître et se développer », a annoncé l’agence étatique.

Xi Jinping a rappelé sa promesse, annoncée en septembre, d’une baisse de 300 000 hommes des effectifs de l’APL, tout en déclarant que la Chine passait « d’un pays vaste à un pays vaste et puissant ».

Les voisins de Pékin ont à plusieurs reprises exprimé leurs préoccupations face à la construction rapide d’îlots artificiels construits par Pékin dans les eaux disputées de la mer de Chine méridionale.

Le ministère chinois de la Défense a cependant assuré vendredi que la politique militaire du pays demeurait « défensive par nature ».

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