Une première rencontre en 66 ans

Le président de Taïwan, Ma Ying-jeou, en compagnie de son homologue chinois, Xi Jinping lors d'un sommet entre les «deux Chines» à Singapour
Photo: Wong Maye-E Associated Press Le président de Taïwan, Ma Ying-jeou, en compagnie de son homologue chinois, Xi Jinping lors d'un sommet entre les «deux Chines» à Singapour

Les présidents de la Chine et de Taïwan se sont rencontrés, samedi, pour la première fois depuis leur séparation il y a 66 ans et, si aucune entente concrète n’a été conclue à l’occasion de cette réunion, les deux leaders ont présenté leur échange comme le signe d’une nouvelle stabilité dans les relations entre les deux anciens ennemis.

Le président chinois, Xi Jinping, et son homologue taïwanais, Ma Ying-jeou, se sont réunis à Singapour, marchant l’un vers l’autre dans une salle de bal aux murs jaunes, l’une des couleurs traditionnellement associées aux empereurs de la Chine.

Pendant plus d’une minute, les deux hommes ont souri en se serrant la main, légèrement tournés vers les photographes. Aucun drapeau ne flottait dans la salle, une entorse nécessaire au protocole étant donné que Pékin refuse de reconnaître la souveraineté de Taïwan, et les deux dirigeants étaient désignés par le terme neutre de « monsieur » afin d’éviter toute situation délicate.

Prenant brièvement la parole devant les journalistes avant la rencontre privée, M. Xi a déclaré que ce jour était historique. Il a aussi fait allusion à l’objectif de la Chine de procéder à son unification avec Taïwan, soutenant que les deux nations ne formaient qu’une seule famille et qu’aucune force ne pouvait les séparer.

De son côté, M. Ma a fait valoir que les deux camps devaient respecter les valeurs et le mode de vie de l’autre, précisant toutefois que les relations entre Pékin et Taipei n’avaient jamais été aussi pacifiques et stables.

Les deux leaders ont affirmé qu’aucun accord ne serait signé durant la réunion et qu’ils ne publieraient pas de déclaration commune.

Après une heure de discussions, ils ont tenu des conférences de presse séparées.

Zhang Zhijun, le porte-parole du bureau chinois des affaires taïwanaises, a raconté que Taipei avait exprimé le désir de jouer un plus grand rôle sur la scène internationale, désir que Pékin comprenait même si elle ne pouvait le permettre puisque cela « briserait le pays ».

Ma Ying-jeou a pour sa part révélé qu’ils avaient notamment parlé d’améliorer les moyens de communication entre les gouvernements chinois et taïwanais, et qu’ils s’étaient entendus pour étudier la possibilité d’établir des bureaux de représentation.

Il a ajouté avoir exprimé des inquiétudes concernant l’intention de Pékin de mettre ses menaces militaires contre Taipei à exécution en raison de la présence de missiles situés en face de Taïwan, mais que M. Xi lui avait assuré que la défense chinoise ne visait personne en particulier.