Une femme remportera vraisemblablement la présidentielle

Hung Hsiu-chu, 67 ans, actuellement vice-présidente du Parlement
Photo: Sam Yeh Agence France-Presse Hung Hsiu-chu, 67 ans, actuellement vice-présidente du Parlement

Taipei — Le parti au pouvoir à Taïwan, le Kuomintang (KMT) pro-Pékin en difficulté dans l’opinion publique, a désigné dimanche sa candidate à la présidentielle de 2016, chargée de convaincre les électeurs rétifs au rapprochement avec la Chine populaire.

Hung Hsiu-chu, dont le franc-parler lui vaut le sobriquet de « xiao-la-jiao » ou « petit piment », a été élue au cours d’un congrès dimanche à Taipei par des délégués qui lui ont fait une ovation.

« Aussi longtemps que nous serons unis, nous pouvons gagner l’élection », leur a assuré Mme Hung alors que cinq parlementaires dissidents ont été exclus du parti ces derniers jours.

Le parti, divisé sur sa stratégie, a été laminé par le « sinosceptique » Parti démocrate progressiste taiwanais (DPP) aux élections locales de novembre, considérées comme un baromètre fiable avant la présidentielle de janvier.

Aux affaires de façon quasi ininterrompue à Taïwan depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, le KMT s’emploie depuis 2010, sous l’impulsion du président Ma Ying-Jeou, à réchauffer des relations jusqu’alors exécrables avec la Chine.

Plus ouvert aux relations avec Pékin que le DPP, favori de la présidentielle, le KMT a porté des négociations commerciales qui ont débouché sur la signature d’un accord de libre-échange.

Mais nombre de Taïwanais voient cet accord d’un mauvais oeil, craignant de voir l’industrie et l’agriculture ployer sous le poids du géant chinois.

Hung Hsiu-chu a tenu à les rassurer dimanche.

« Nous garderons toujours à l’esprit l’opinion générale et donnerons la priorité aux intérêts de Taïwan. Nous continuerons à promouvoir une relation pacifique » entre Pékin et Taipei, a-t-elle assuré.

Hung, 67 ans, actuellement vice-présidente du Parlement, sera opposée pour la présidentielle à Tsai Ing-wen, présidente du DPP.

L’une d’elles devrait logiquement devenir la première femme à accéder à la présidence de la République de Chine, le nom officiel de Taïwan dont l’existence en tant que nation indépendante est contestée par Pékin et reconnue par un petit nombre de chancelleries étrangères.

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