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Un projet de réforme de la Constitution incomplet

Rangoun — Un projet de réforme de la Constitution birmane publié jeudi prévoit de réduire symboliquement le poids de l’armée au Parlement, mais continue de barrer la voie de la présidence à l’opposante Aung San Suu Kyi.

Le texte n’offre « pas assez de changements », a commenté de façon lapidaire la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la Prix Nobel de la paix. Présenté mercredi au Parlement, le texte a été rendu public jeudi dans le journal officiel Mirror.

Certains passages de la section la plus controversée, concernant les personnes susceptibles d’accéder à la présidence, ont été légèrement amendés, mais pas de manière à permettre à la dirigeante de l’opposition d’accéder au poste suprême, puisqu’elle a deux enfants de nationalité britannique. Jusqu’ici, une personne dont un enfant est marié à un étranger était également non éligible pour ce poste. Seule cette partie pourrait être assouplie.

Le quota de l’armée

La principale nouveauté de ce projet de loi prévoit de réduire le pouvoir de blocage de l’armée au sein du Parlement. L’armée détient un quota réservé de 25 % des sièges et toute modification de la Constitution nécessite le vote de plus de 75 % des députés. Le projet prévoit de faire tomber ce pourcentage à 70 %. La LND faisait campagne pour qu’il soit réduit à 50 %.

Le parti de Aung San Suu Kyi avait récolté 5 millions de signatures fin 2014 — sur 20 millions d’électeurs dans le pays — dans une grande pétition en faveur d’un changement de la Constitution. Il est donné grand gagnant des législatives prévues pour novembre, mais les militaires, qui continuent de tenir les rênes politiques malgré la dissolution de la junte en 2011, ne comptent pas céder trop de terrain politique.

Depuis mercredi, l’opposante birmane effectue sa première visite en Chine et a été reçue jeudi par le président Xi Jinping.

Un cessez-le-feu

Des rebelles d’une ethnie chinoise, en conflit avec le pouvoir central en Birmanie, ont annoncé un cessez-le-feu alors que l’opposante Aung San Suu Kyi rencontrait jeudi à Pékin le président Xi Jinping.

« En raison de la volonté pressante du gouvernement chinois d’instaurer la stabilité à la frontière entre la Chine et la Birmanie », le mouvement rebelle Kokang « a décidé unilatéralement de cesser les combats » depuis mercredi minuit, précise un communiqué.

« Les combats ont duré quatre mois. Nous craignons que les combats puissent nuire à la tenue des élections générales », a déclaré Htun Linn Myat, porte-parole du mouvement Myanmar National Democratic Alliance Army (MNDAA) évoquant les élections législatives prévues en novembre.