Le meneur des manifestants thaïlandais appelle à un grand rassemblement lundi

Bangkok – Le meneur des manifestants qui veulent faire tomber le gouvernement thaïlandais a appelé vendredi à un dernier grand rassemblement, assurant que si la foule ne descendait pas dans la rue lundi, il arrêterait le combat et se rendrait aux autorités.

 

Alors que les manifestants avaient promis de relancer le mouvement dès ce week-end après une trêve pour l’anniversaire du roi, Suthep Thaugsuban a finalement appelé à descendre dans la rue lundi à 9 h 39, pour le « jour du jugement », suggérant pour la première fois qu’il pourrait concéder sa défaite.

 

« Vous devez venir aussi nombreux que possible. Si les gens ne viennent pas, je Me rendrai pour aller en prison. Je ne me battrai plus », a déclaré devant ses partisans l’ancien vice-premier ministre, visé par un mandat d’arrêt pour insurrection en raison de ce mouvement qui a tourné le week-end dernier à la violence.

 

« Ce jour sera le jour où nous saurons », a-t-il déclaré. « Mort ou vivant, gagnant ou perdant, nous le saurons lundi 9 décembre », a encore ajouté celui qui veut remplacer le gouvernement de la première ministre Yingluck Shinawatra par un « conseil du peuple » non élu.

 

Le mouvement avait réussi à son pic à rassembler quelque 180 000 personnes, mais le nombre de participants s’est depuis très largement réduit.

 

Les manifestants, qui accusent Yingluck d’être la marionnette de son frère Thaksin, ancien premier ministre renversé par un coup d’État en 2006 et qui reste au coeur de la politique du royaume malgré son exil, veulent également se débarrasser de ce qu’ils appellent le « système Thaksin ».

 

Leur mouvement commencé il y a un mois avait pris de l’ampleur la semaine dernière avec l’occupation de plusieurs ministères et administrations, et avait encore franchi un cap il y a quelques jours avec la tentative de prendre le siège du gouvernement.

 

En début de semaine, des affrontements avaient ainsi eu lieu entre manifestants attaquant à coups de pierres et la police ripostant avec gaz lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc. Les autorités avaient finalement changé de stratégie mardi, les laissant entrer brièvement, sans résistance, aux sièges du gouvernement et de la police, qu’ils avaient quitté d’eux-mêmes.

À voir en vidéo