La zone aérienne chinoise au coeur des discussions Abe-Biden

Tokyo — Le premier ministre japonais Shinzo Abe a indiqué dimanche qu’il évoquerait cette semaine à Tokyo avec le vice-président américain Jo Biden la création par la Chine d’une zone d’identification aérienne au sujet de laquelle les deux alliés présentent d’apparentes divergences.

La Chine a annoncé la semaine dernière la création d’une « zone aérienne d’identification » (ZAI) couvrant une grande partie de la mer de Chine orientale, entre la Corée du Sud et Taïwan, et qui englobe l’archipel des Senkaku, des îles inhabitées sous contrôle japonais mais revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu.

Le ministère chinois de la défense avait précisé que tout appareil s’aventurant dans cette zone devrait fournir son plan de vol précis, y compris les avions civils, sous peine d’intervention des forces armées.

Tokyo a fait interdiction aux compagnies aériennes nippones de se plier aux injonctions chinoises mais Washington a indiqué vendredi que si ses avions militaires continueraient à opérer dans la zone contestée, les avions civils devraient eux se conformer aux nouvelles exigences chinoises.

« Nous voulons nous entretenir de ce sujet avec le vice-président américain Biden lors de son séjour au Japon cette semaine dans le but d’accorder [les positions] du Japon et des États-Unis », a déclaré M. Abe.

Jo Biden est attendu lundi soir à Tokyo pour une visite de 34 heures dans le cadre d’une tournée en Asie de l’Est qui le mènera également en Chine et en Corée du Sud.

M. Abe et son ministre de la Défense, Itsunori Onodera, se sont employés à minimiser d’éventuelles divergences entre Tokyo et Washington, affirmant que les États-Unis n’avaient pas explicitement demandé aux compagnies aériennes de soumettre leurs plans de vol aux autorités chinoises.

« Nous nous le sommes fait confirmer par voie diplomatique », a assuré M. Abe, cité par l’agence Jiji.

Présentée comme conforme aux pratiques internationales habituelles, l’action de Pékin n’en a pas moins provoqué une tempête diplomatique dans la région.

Le Japon et la Corée du Sud ont affirmé avoir envoyé des appareils dans cette zone sans en référer aux autorités chinoises, après un survol identique effectué en début de semaine par deux bombardiers américains.

 

Et vendredi, la Chine a fait décoller d’urgence ses chasseurs pour surveiller des avions américains et japonais.

À voir en vidéo