Inde - Les pluies de mousson ont fait près de 6000 morts

Un mur de Jollygrant où sont apposées des dizaines d’annonces pour rechercher des personnes disparues durant la mousson dans l'Uttarakhand.
Photo: La Presse canadienne (photo) Rafiq Maqbool/AP Un mur de Jollygrant où sont apposées des dizaines d’annonces pour rechercher des personnes disparues durant la mousson dans l'Uttarakhand.

Le bilan des victimes des pluies de mousson qui se sont abattues le mois dernier sur l’État de l’Uttarakhand, les pires qu’ait connu cette région himalayenne en 80 ans, s’est alourdi de plusieurs milliers de morts. Beaucoup ont pointé la négligence environnementale des décideurs — s’agissant notamment du développement des infrastructures routières et hydro-électriques — pour l’ampleur des conséquences qu’a pris cette mousson particulièrement abondante.

Les autorités évaluaient officiellement à 600 personnes le nombre des gens qui ont perdu la vie dans les inondations et les glissements de terrain. Le gouvernement de l’Uttarakhand vient d’annoncer que le bilan s’alourdit de plus de 5700 personnes portées disparues que l’on a perdu espoir de retrouver.

Selon l'Agence France-Presse, des corps flottant dans des rivières ont été découverts à des centaines de kilomètres de la zone inondée, soulignant la difficulté de retrouver les morts.

Le 15 juin, en pleine saison touristique dans le nord de l’Inde où les températures sont plus clémentes, les rivières en crue ont emporté maisons, immeubles, et même des villages entiers, et détruit plus de 1000 ponts et des routes étroites menant à des sites de pèlerinage situés en altitude.

Des milliers de militaires avaient été mobilisés, aidés par des hélicoptères de l’armée impliqués dans l’évacuation de plus de 100 000 personnes bloquées par les intempéries dues à une mousson précoce.

Vijay Bahuguna a précisé que chaque Etat indien prendrait en charge l’indemnisation de ses résidents. «Un total de 924 disparus et présumés morts viennent de l’Uttarakhand et leurs familles recevront des compensations des fonds de l’État», a-t-il dit.

L’Uttarakhand, surnommé «Terre des dieux» pour les nombreux lieux sacrés qu’il abrite, devrait également débloquer 500 000 roupies pour chaque enfant ayant perdu ses parents dans la catastrophe.

Des écologistes et des agences d’aide au développement ont affirmé que le développement urbain anarchique et la déforestations étaient responsables du bilan des inondations.

L’organisation caritative internationale ActionAid a en particulier estimé que la construction de barrages hydroélectriques et les projets miniers au cours des dix dernières années en Uttarakhand ont menacé le fragile écosystème des nombreuses vallées de cet État.

Avec Agence France-Presse

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