Corée du Nord - Washington joue l’apaisement

Un missile balistique à ogive nucléaire Minuteman 3 lancé en 2008 depuis la base aérienne Vandenberg, en Californie.
Photo: US Air Force Andrew Lee Associated Press Un missile balistique à ogive nucléaire Minuteman 3 lancé en 2008 depuis la base aérienne Vandenberg, en Californie.

Séoul — Les États-Unis ont joué l’apaisement face à la Corée du Nord en reportant un essai de missile en Californie, avant une semaine à haut risque sur la péninsule coréenne où Pyongyang a déployé deux missiles susceptibles d’atteindre un territoire américain dans le Pacifique.


Washington a annoncé avoir reporté un essai de Minuteman 3, missile balistique intercontinental à ogive nucléaire, qui devait être tiré la semaine prochaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.


Selon un responsable américain de la Défense, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a décidé ce report afin d’éviter que l’essai « puisse être considéré comme exacerbant la crise en cours avec la Corée du Nord ».


« Nous voulons éviter une mauvaise perception ou une manipulation », a ajouté ce responsable, précisant toutefois que les États-Unis restaient « engagés à tester (leurs) missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) pour garantir un arsenal sûr, fiable et efficace ».


Séoul et Washington ont par ailleurs annulé une réunion prévue le 16 avril dans la capitale américaine entre le général Martin Dempsey, chef de l’état-major interarmées américain, et son homologue sud-coréen, le général Jung Seung-Jo.


L’agence de presse sud-coréenne Yonhap affirme que le Sud s’inquiétait d’une possible provocation nord-coréenne en l’absence du chef de ses armées.


La Corée du Nord, qui a installé un deuxième missile de moyenne portée Musudan sur sa côte est et menace d’effectuer des frappes, y compris nucléaires, sur des objectifs américains, a pour sa part averti vendredi qu’elle ne pouvait plus garantir la sécurité des missions diplomatiques dans la capitale Pyongyang à compter du 10 avril.


Pékin a demandé à Pyongyang d’assurer « instamment » la sécurité de ses diplomates, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei.


Les Nations unies n’envisagent pas non plus d’évacuation. Les personnels de l’ONU en Corée du Nord « restent engagés dans leur travail humanitaire et de développement dans tout le pays », a déclaré Martin Nesirky, porte-parole de l’ONU à New York.


Le chef de la diplomatie britannique William Hague a estimé dimanche qu’il n’y avait pas de « nécessité immédiate » de rapatrier les diplomates britanniques, fustigeant la « rhétorique » nord-coréenne.


« Nous n’avons pas vu les troupes (nord-coréennes) se repositionner ou les forces terrestres se redéployer, ce qu’on s’attend à constater dans la période précédent une attaque » militaire, a déclaré M. Hague sur la BBC. « C’est la raison pour laquelle il est important de rester calmes, mais aussi fermes et unis », a-t-il ajouté à l’adresse de la communauté internationale.


 

L’allié chinois de Pyongyang, qui a voté les dernières sanctions à son encontre, s’est inquiété dimanche de la poussée de fièvre sur la péninsule coréenne.
 

« Personne ne devrait être au- torisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme », a déclaré le président chinois Xi Jinping, sans toutefois nommer ni la Corée du Nord, ni les États-Unis.