Iran-5 + 1 : fin de la première journée de négociations «utiles»

Catherine Ashton, qui est à la tête de la diplomatie de l’Union européenne et chargée des contacts avec Téhéran au nom du groupe 5+1, est en compagnie de Saeed Jalili, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien.
Photo: Stanislav Filippov Associated Press Catherine Ashton, qui est à la tête de la diplomatie de l’Union européenne et chargée des contacts avec Téhéran au nom du groupe 5+1, est en compagnie de Saeed Jalili, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien.

Les grandes puissances du groupe 5+1 et l’Iran ont eu une « réunion utile » mardi pour leur première journée de négociations sur le programme nucléaire iranien à Almaty, au Kazakhstan, et décidé de poursuivre les pourparlers mercredi.


Les délégations des pays du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine – plus l’Allemagne) et de l’Iran se sont rencontrées pendant trois heures. « Nous avons eu des discussions ce soir [mardi] et nous nous sommes mis d’accord pour avoir une autre réunion mercredi », a déclaré de son côté Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, à la tête de la diplomatie de l’Union européenne et chargée des contacts avec Téhéran au nom du groupe 5+1.


Dans une nouvelle offre, le groupe 5+1 promet « une réduction de certaines sanctions sur le commerce de l’or, de celles concernant l’industrie pétrochimique et de certaines sanctions bancaires », en échange de concessions de Téhéran, selon une source des 5+1.


Cette offre reprend cependant la demande faite à l’Iran au cours de la rencontre de Bagdad, début 2012, à savoir « l’arrêt de l’enrichissement à 20 % [de l’uranium], la fermeture du site de Fordo [enfoui sous la montagne et difficile à détruire] et l’envoi du stock d’uranium enrichi à 20 % » à l’étranger, selon la même source. De son côté, Téhéran a annoncé qu’il allait faire une nouvelle offre aux grandes puissances, mais insisté sur le fait qu’il refuserait de céder sur la fermeture du site de Fordo et l’envoi à l’étranger de son stock d’uranium à 20 %, des prises de position n’incitant guère à l’optimisme pour les négociations d’Almaty.


« Nous avons préparé notre propre offre avec plusieurs versions différentes. En fonction de l’offre qui nous sera faite par le 5+1 nous leur présenterons l’une ou l’autre de ces versions. Elle sera du même poids que leur offre », a déclaré une source proche de l’équipe de négociateurs iraniens. « Il n’est pas question de fermer le site de Fordo ou d’envoyer à l’étranger notre stock d’uranium à 20 % », a souligné cette même source. « En revanche, nous pouvons envisager l’arrêt de l’enrichissement à 20 % contre la levée de toutes les sanctions internationales, notamment celles du Conseil de sécurité » de l’ONU, a-t-elle poursuivi.


Peu après le début des négociations, Michael Mann a lui-même concédé devant la presse que « personne ne s’attendait à quitter Almaty avec un accord en poche », insistant sur le fait qu’il s’agissait d’« un processus de négociations ».


De son côté, le secrétaire d’État américain John Kerry, en visite à Berlin, a dit mardi espérer que les grandes puissances et l’Iran trouvent une solution diplomatique.


Dès lundi, les grandes puissances avaient annoncé qu’elles allaient faire à Téhéran une « bonne offre » visant à surmonter leurs divergences après plus de huit mois d’interruption dans leurs négociations. M. Mann avait précisé que la nouvelle offre devrait mettre fin aux « inquiétudes internationales sur le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien mais répondait en même temps aux idées avancées par Téhéran ». « Nous espérons que l’Iran saisira cette occasion en faisant preuve de flexibilité » pour faire avancer les négociations, avait-il ajouté.


Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions. Les États-Unis et les pays de l’Union européenne ont aussi décidé en 2012 une série de sanctions contre les secteurs énergétique et bancaire de l’Iran réduisant de 40 % ses recettes pétrolières et empêchant de fait toutes les transactions bancaires avec le monde extérieur.


Le dernier cycle des négociations remonte à juin 2012 à Moscou, lorsque Téhéran avait présenté ses propres propositions demandant la reconnaissance de son droit à l’enrichissement d’uranium. L’Iran insiste sur le fait que l’enrichissement à 20 % est utilisé pour produire du combustible destiné à son réacteur de Téhéran, qui produit des radio-isotopes utilisés contre le cancer, alors que les pays occidentaux et Israël l’accusent de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire pacifique.

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