La FIDH dénonce la vie difficile des internautes vietnamiens

Comme d’autres pays émergents, le Vietnam connaît une progression fulgurante d’Internet et des nouvelles technologies de l’information, encouragée d’une main par un gouvernement qui, de l’autre, impose une censure de plus en plus stricte à leurs utilisateurs.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) publie aujourd’hui un rapport dénonçant l’emprisonnement de nombreux blogueurs et « journalistes citoyens » qui ont rapporté des cas de corruption et d’abus de pouvoir, ou qui ont fait la promotion de la démocratie. La FIDH, conjointement avec le Comité Vietnam pour la défense des droits de l’homme, dénonce également les nombreuses formes de harcèlement dont les internautes vietnamiens font l’objet : fermeture de blogues, menaces et même voies de fait.


Dans le passé, les blogueurs ont parfois forcé les autorités à présenter des excuses et à changer leurs politiques, mais, ces dernières années, celles-ci se sont nettement raidies en adoptant de nouveaux règlements et en multipliant les arrestations. La FIDH mentionne en particulier le procès intenté aux trois fondateurs du « Club des journalistes libres » en septembre 2012 : ces blogueurs, qui proposaient des réformes démocratiques, ont été condamnés à de lourdes peines de prison, douze ans pour l’un d’eux.


Le Vietnam a l’obligation de protéger la liberté d’expression parce qu’il est signataire du Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, rappelle la FIDH. Or, son Code criminel n’est conforme ni aux traités internationaux ni à sa propre Constitution, qui garantit en principe la liberté en question. Les internautes cités à procès sont généralement accusés en vertu de quelques articles dudit Code ayant trait à la sécurité nationale, notamment à la « propagande contre la République socialiste du Vietnam » ou au fait de « miner la solidarité nationale ». Selon la FIDH, au moins 33 internautes ont déjà été condamnés ou sont en instance de procès pour avoir propagé leurs idées sur Internet.


Le Vietnam compte des centaines de journaux et de nombreuses chaînes de télévision et de radio, mais aucun de ces médias n’est indépendant, note Penelope Faulkner, vice-présidente du Comité Vietnam pour la défense des droits de l’homme. En revanche, il compte environ 31 millions d’internautes. À Hanoï et à Ho-Chi-Minh-Ville, 95 % des jeunes de 15 à 22 ans sont branchés. On compte aussi 157 millions d’abonnements au téléphone mobile (sur une population de 90 millions !), dont environ dix millions disposent d’appareils donnant accès à la Toile.

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