Thaïlande - Les pro-Thaksin remportent les élections législatives

Le Puea Thai, emmené par Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin Shinawatra, a décroché la majorité absolue, hier, aux élections législatives.<br />
Photo: Agence Reuters Adrees Latif Le Puea Thai, emmené par Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin Shinawatra, a décroché la majorité absolue, hier, aux élections législatives.

L'opposition favorable à l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra a largement remporté hier les élections législatives en Thaïlande. Le parti Puea Thai (Pour les Thaïs), emmené par Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin, a revendiqué la victoire alors que le parti au pouvoir du premier ministre Abhisit Vejjajiva a reconnu sa défaite.

Selon les dernières estimations de la Commission électorale sur la quasi totalité des bulletins, le Puea Thai a remporté 261 sièges sur les 500 de la Chambre basse, soit la majorité absolue, contre seulement 162 pour le Parti démocrate.

«Il est désormais établi que d'après les résultats du scrutin, le Puea Thaï a gagné les élections. Le Parti démocrate reconnaît sa défaite», a annoncé Abhisit Vejjajiva. Il a dit vouloir «voir l'unité et la réconciliation» dans le pays après les violences de ces dernières années.

Quant à Yingluck Shinawatra, elle a estimé que le peuple lui avait donné «une chance» de gouverner le pays. «Il y a beaucoup de choses à accomplir pour rendre la réconciliation possible, ouvrant la voie à des fondations solides pour une Nation prospère», a-t-elle ajouté. Celle que Thaksin a décrite comme son «clone» n'avait aucune expérience lorsqu'elle a été propulsée sur la scène politique il y a moins de deux mois. Désormais, elle est en passe de devenir la première femme à la tête du gouvernement dans l'histoire du pays.

Amnistie?

La surprise était palpable au sein du Parti démocrate. «Je n'y crois pas, a réagi Suthep Thaugsuban, vice-premier ministre sortant. Si le peuple veut aller dans cette direction, j'abandonne». Le Parti démocrate a prévenu que les résultats d'hier ne signifient pas que les électeurs «ont donné mandat pour blanchir quiconque», promettant qu'ils «s'opposeraient à toute tentative d'amnistie».

Thaksin Shinawatra vit en exil à Dubaï depuis son renversement en 2006. Il a appelé, hier, «toutes les parties» à respecter les résultats des élections, «sinon notre pays ne peut pas parvenir à la paix». Ce scrutin, comme les précédents, s'apparentait à un vote pour ou contre Thaksin, personnage absent mais incontournable de la politique thaïlandaise, qui dirige de facto son parti depuis l'étranger. «Si mon retour est susceptible de provoquer des problèmes, alors je ne reviendrai pas tout de suite. Je dois être une solution, pas un problème», a concédé Thaksin, qui s'est dit favorable à une coalition même si son parti avait les moyens de gouverner.

Les «chemises rouges» — les partisans de Thaksin Shinawatra — étaient persuadés que leur parti l'emporterait et que leur «sauveur» rentrerait de son exil pour changer leur quotidien. En dépit de cet optimisme affiché, les partisans de l'ancien premier ministre redoutaient que des fraudes aient lieu lors de ce scrutin sous haute tension.

Si tel était était le cas, ils avaient déjà prévenu qu'ils n'hésiteraient pas à descendre à nouveau dans les rues, comme l'année dernière. À l'époque, les «chemises rouges» avaient manifesté pendant neuf semaines en plein coeur de Bangkok, face aux «chemises jaunes», qui soutenaient le pouvoir en place. Quelque 91 personnes avaient été tuées au cours de ces affrontements. Le scrutin d'hier s'est quant à lui déroulé dans le calme.

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Avec l'AFP et Reuters