Pyongyang fait baisser la tension

La Corée du Nord a accepté hier le retour des inspecteurs nucléaires de l'ONU et s'est abstenue de représailles après les exercices militaires à tirs réels de la Corée du Sud sur une île récemment bombardée par Pyongyang, dans un geste d'apaisement des tensions.

Confirmant des informations de CNN, l'ancien diplomate de haut rang américain Bill Richardson, qui s'est entretenu avec les autorités nord-coréennes, a annoncé que la Corée du Nord avait accepté le retour sur son sol d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de l'ONU, chargés de surveiller son programme nucléaire. Ces inspecteurs auront accès à la nouvelle installation d'enrichissement d'uranium dont Pyongyang a récemment révélé l'existence, a souligné dans un communiqué M. Richardson.

La Corée du Nord avait retiré tous les équipements de surveillance du site nucléaire de Yongbyon en avril 2009 et demandé aux inspecteurs de quitter le pays.

Alors que la Corée du Sud procédait à de brèves manoeuvres militaires sur l'île de Yeonpyeong, bombardée le 23 novembre par Pyongyang, l'armée nord-coréenne s'est abstenue de toute riposte, après avoir menacé d'un «désastre». La Corée du Nord «ne ressent pas le besoin de représailles après chaque provocation militaire méprisable», selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

M. Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique et proche du président Barack Obama, a jugé «très encourageant» que la Corée du Nord se soit abstenue de représailles. «Pendant mes réunions à Pyongyang, je n'ai cessé d'exhorter la Corée du Nord à ne pas riposter», a dit le responsable américain.

«Le résultat, c'est que la Corée du Sud a pu faire étalage de sa force et que la Corée du Nord a réagi comme un État responsable. J'espère que cela marque le début d'un nouveau chapitre et d'un cycle de dialogue pour apaiser les tensions dans la péninsule coréenne», a poursuivi M. Richardson, qui se rendra aujourd'hui à Pékin.

Le responsable américain a ajouté que Pyongyang avait accepté de négocier la vente de barres de combustible nucléaire à une tierce partie, «comme la Corée du sud», et de discuter de la création d'une commission militaire et d'un téléphone rouge.

La Russie et la Chine avaient exprimé leurs réticences devant les manoeuvres militaires annoncées par Séoul.

Pékin, seul allié de poids du régime communiste de Pyongyang, avait critiqué implicitement hier l'action de Séoul.

Selon l'agence Interfax, une source diplomatique russe a par ailleurs jugé que ces manoeuvres représentaient une menace pour la stabilité de la péninsule coréenne.

Dimanche, au Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine avait rejeté les demandes des pays occidentaux pour qu'une condamnation soit incluse dans la déclaration sur la Corée du Nord et son bombardement de Yeonpyeong. Les discussions avaient échoué, sans accord sur une déclaration finale.