Réuni en séance extraordinaire - Le Conseil de sécurité est divisé sur la Corée du Nord

L’ambassadeur nord-coréen aux Nations-unies, Sin Son-ho, lors de la séance extraordinaire du Conseil de sécurité, hier à New York.<br />
Photo: Agence Reuters Lucas Jackson L’ambassadeur nord-coréen aux Nations-unies, Sin Son-ho, lors de la séance extraordinaire du Conseil de sécurité, hier à New York.

Nations-unies — Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni hier en séance extraordinaire pour débattre de la tension dans la péninsule coréenne, mais les cinq grands n'ont pas pu s'accorder sur le fait de savoir s'il fallait ou non imputer publiquement à la Corée du Nord la responsabilité de la crise.

La Chine, alliée de Pyongyang, et la Russie refusent l'idée de faire porter le blâme sur la Corée du Nord, ont déclaré à Reuters des diplomates sous le couvert de l'anonymat.

Les 15 membres du Conseil de sécurité se sont réunis à huis clos pour tenter de s'entendre sur un communiqué qui, selon le représentant permanent de la Russie, Vitali Tchourkine, devrait être un appel à la retenue dans la péninsule coréenne.

Des diplomates ont déclaré à Reuters qu'un projet de déclaration russe préconise que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dépêche un émissaire à Séoul et à Pyongyang pour appeler à une solution pacifique.

Ce projet de texte russe a été jugé inacceptable par Washington, Londres, Paris et Tokyo. Parallèlement, un projet de déclaration britannique, obtenu par Reuters, demande au Conseil de sécurité de «déplorer» les derniers actes de la Corée du Nord et d'appeler Pyongyang à «agir avec retenue», mais Moscou et Pékin ont rejeté ce texte. Au même moment, l'armée nord-coréenne a placé en état d'alerte ses unités d'artillerie déployées le long de la côte occidentale de la péninsule en prévision de manoeuvres militaires sud-coréennes, a rapporté hier l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. Le ministère sud-coréen de la Défense n'a pas commenté pour le moment la nouvelle.

La Corée du Sud prévoit d'effectuer d'ici demain soir des manoeuvres avec des munitions réelles au large de l'île de Yeonpyeong, bombardée le 23 novembre par la Corée du Nord.

Ces exercices militaires à munitions réelles sur une île dont la Corée du Nord revendique la possession font redouter une nouvelle escalade entre les deux Corées. La Corée du Nord a qualifié de «suicidaire» la décision sud-coréenne de procéder à des manoeuvres militaires sur l'île de Yeonpyeong, que Pyongang a bombardée le mois dernier.

Elle a prévenu vendredi que sa riposte à des manoeuvres sud-coréennes dans le secteur serait plus forte que le bombardement du 23 novembre, au cours duquel ses 170 obus d'artillerie ont fait quatre morts sur l'île sud-coréenne. La Corée du Sud avait alors répliqué par 80 obus.
1 commentaire
  • Mariette Payeur - Inscrite 20 décembre 2010 10 h 55

    Sécurité, vraiment?

    La convocation d'une rencontre du Conseil de sécurité, à propos de ce conflit, fut une "excellente" décision. Une décision à l'image de cet organisme confus et confondant.
    Assuré que le dictateur chinois (veto) ne bougerait pas d'un iota, on s'est empressé de réunir ses membres pour illustrer, mieux que jamais, son incohérence et son absurdité.
    Ses sous-comités sont plus utiles.
    Le conflit israélo-palestinien avait déjà bien démontré ces incongruités et continuera de le faire: les nombreuses résolutions du Conseil qui n'ont pas été respectées et les veto aveugles des USA en sont les exemples les plus évidents.
    Tant mieux si le Canada n'en fait pas partie.

    P.S.:Je n'ai rien contre l'ONU: certains organismes y sont réellement efficaces.