Clinton se dit très inquiète des attaques nord-coréennes - La Chine et la Russie sont priées de faire pression sur Pyongyang

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Photo: Agence Reuters Le destroyer japonais Ikazuchi naviguait dimanche à côté du porte-avions américain USS Washington.

Les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont exhorté ier la Chine et la Russie à aider à désamorcer les tensions dans la péninsule coréenne. Alors que la marine sud-coréenne entamait des manœuvres en mer Jaune en utilisant des munitions réelles, le président chinois, Hu Jintao, a prévenu son homologue américain, Barack Obama, que la tension croissante entre les deux Corées risquait d'échapper à tout contrôle.

À Washington, la secrétaire d'État, Hillary Clinton, a ouvert une réunion qu'elle a qualifiée de décisive avec ses homologues sud-coréen et japonais, affirmant que tous trois sont profondément préoccupés par les «attaques provocatrices de la Corée du Nord» et sont «déterminés à préserver la paix et la stabilité en Asie du Nord-est et dans la péninsule coréenne».

Le chef de la diplomatie japonaise, Seiji Maehara, appuyé par son homologue sud-coréen Kim Sung-hwan, a déclaré que les trois pays espéraient davantage de coopération de Pékin et de Moscou, qui ont paru moins enclin à se montrer fermes envers Pyongyang.

Manoeuvres

La Chine, hôte des discussions actuellement dans l'impasse sur le programme nucléaire de Pyongyang, n'a pas été invitée à la réunion de Washington. Mais les trois participants ont discuté de la proposition de Pékin d'organiser d'urgence des discussions régionales sur la crise.

Le président Obama s'est entretenu de la situation avec son homologue chinois lors d'une conversation téléphonique et lui a demandé «d'adresser à la Corée du Nord le message clair que ses provocations sont inacceptables».

Au même moment, la marine sud-coréenne entamait des manoeuvres en faisant usage de munitions réelles, bravant les mises en garde adressées par la Corée du Nord contre l'«entêtement» à risquer le déclenchement d'une guerre. L'armée sud-coréenne a précisé que ces exercices devaient se dérouler à proximité de la Ligne de démarcation maritime (NLL) avec le Nord.

La Corée du Nord avait justifié ses tirs d'artillerie contre Yeonpyeong le mois dernier en affirmant que l'armée du Sud avait ouvert le feu dans ses eaux territoriales. C'est la première fois depuis la fin du conflit coréen en 1953 que des zones civiles sont touchées sur le territoire de la Corée du Sud.

La Chine a plaidé avec insistance hier pour l'apaisement. Le président Hu a déclaré que «si la situation actuelle n'est pas gérée convenablement, les tensions pourraient continuer de croître dans la péninsule coréenne et échapper à tout contrôle, ce qui ne serait dans l'intérêt de personne», rapportait le ministère chinois des Affaires étrangères.

«Il faut détendre la situation et non lui donner un tour irréversible. Nous avons besoin de dialogue, non de confrontation, de paix et non de guerre», a déclaré Hu lors de sa conversation téléphonique avec Obama.

Des observateurs estiment que les propos de Hu dénotent un sentiment d'urgence accru, mais que Pékin renâcle à trop faire pression sur le Nord en plein processus de transition politique de crainte de faire chuter le régime, entraînant un possible exode de réfugiés en Chine.