Pyongyang accuse les États-Unis d'emmener la Corée «au bord de la guerre»

À Daegu, des Sud-Coréens ont scandé hier des slogans hostiles au régime nordiste.<br />
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Photo: Agence Reuters Lee Jae-hyuk/Yonhap À Daegu, des Sud-Coréens ont scandé hier des slogans hostiles au régime nordiste.

La Corée du Nord a semblé procéder hier à de nouveau tirs d'artillerie, mais on ne déplorait cette fois ni victimes ni dégats matériels. La tension est vive à l'approche d'une série de manoeuvres millitaires américano-sud-coréennes en mer Jaune, et trois jours après un bombardement nord-coréen.

Séoul — La Corée du Nord a apparemment procédé hier à un exercice de tirs d'artillerie en mer Jaune, après avoir affirmé que les prochaines manoeuvres navales communes entre les États-Unis et la Corée du Sud dans la zone plaçaient la péninsule coréenne «au bord de la guerre».

Des bruits d'explosions, semblant venir de la Corée du Nord, ont été entendus à plusieurs reprises entre 12h et 15h locales, au large de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, bombardée mardi par Pyongyang.

«Nous supposons que la Corée du Nord a procédé à un exercice de tirs d'artillerie», a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense sud-coréen.

Selon un correspondant de la chaîne de télévision YTN, les rares résidents encore sur l'île se sont précipités dans des abris. D'autres ont rallié le continent par crainte d'une détérioration armée de la situation.

Pour la première fois depuis la guerre de Corée (1950-1953), la Corée du Nord a bombardé mardi une zone d'habitation civile de la Corée du Sud. Ces tirs d'obus ont fait quatre morts et une vingtaine de blessés sur Yeonpyeong et provoqué des tirs de riposte de la part des forces sud-coréennes.

Porte-avions

Les États-Unis ont prévu avec la Corée du Sud des manoeuvres aéronavales de demain à mercredi prochain en mer Jaune, à l'ouest de la péninsule, en y engageant un porte-avions.

Ces exercices militaires «des impérialistes américains et de leur marionnette belliciste sud-coréenne» sont dirigés contre la Corée du Nord, a estimé hier le régime stalinien.

«La situation de la péninsule coréenne se rapproche du bord de la guerre à cause du projet imprudent de ces excités de la gâchette», a-t-il poursuivi.

Une partie de ces eaux sont considérées jalousement par Pékin, qui s'est dit hier «opposé à toute action militaire non autorisée à l'intérieur de la zone économique exclusive de la Chine».

«La situation actuelle dans la péninsule coréenne est compliquée et sensible, toutes les parties doivent faire preuve de retenue, oeuvrer dans le sens d'une détente et du maintien de la paix et de la stabilité de la péninsule, et non le contraire», a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Les manoeuvres ne sont «pas dirigées» contre la Chine mais visent à «renforcer la dissuasion» contre Pyongyang, a assuré le Pentagone.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a d'autre part eu vendredi des conversations téléphonique avec la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton.

Prévention

Il s'est également entretenu avec son homologue sud-coréen et a rencontré l'ambassadeur de Pyongyang à Pékin pour parler de la situation, a indiqué le ministère dans un communiqué.

«Le plus urgent maintenant c'est de mettre la situation sous contrôle et de prévenir la répétition de pareils incidents», a souligné le chef de la diplomatie chinoise, qui a reporté sa visite à Séoul prévue hier, officiellement pour un problème «d'emploi du temps».

La Chine, l'un des rares soutiens de la Corée du Nord dans le monde, n'a pas condamné le bombardement de l'île de Yeonpyeong, se bornant à «exprimer sa peine et ses regrets face aux pertes humaines».

Séoul a de son côté promis de riposter bien plus fermement en cas de nouvelle agression armée de Pyongyang, grâce à une «révision complète» de sa politique de riposte militaire, jusque-là trop «passive».

Pour diriger cette tâche le président sud-coréen Lee Myung-Bak a nommé hier un nouveau ministre de la Défense: Kim Kwan-Jin, 61 ans, ancien chef d'état-major des armées, est réputé pour son sens du commandement et son expérience en stratégie militaire.

Confiance

M. Kim aura notamment pour mission de «répondre rapidement et fermement à la situation de crise en cours» et «restaurer la confiance de la population dans l'armée», a souligné Hong Sang-Pyo, un conseiller présidentiel.

Le nouveau ministre devra superviser le renforcement spectaculaire, promis par M. Lee, des moyens militaires dans les îles sud-coréennes de la mer Jaune.
1 commentaire
  • JM Bou - Inscrit 27 novembre 2010 23 h 44

    Guerre en vue?

    A mon avis suite a l'attaque mineur de l'armée Nord Coréenne contre une ile de Corée du Sud les EU utilise ce pretexte pour faire une démonstration de force avec son armée non seulement pour influer sur la Corée du Nord mais aussi non-officiellement sur la Chine qui a affirmé officiellement qu'elle ne voulait pas de grande manouevre naval dans cette Mer pres de la Chine.
    Sachant les EU achete beaucoup plus de la Chine que l'inverse et que cela creer des tensions economiques entre ces deux pays et que tous les moyens pour parvenir a une solution economique plus favorable au EU semblent avoir échouer.Les EU semble donc determiner en dernier recours a utiliser sa force militaire dans cette region pour parvenir si possible... a influer la Chine a venir a une entente qui risque d'etre defavorable d'une facon ou une autre a la Chine.
    Par consequent le risque d'une guerre dans cette region par pays interposer les Corée entre la Chine et les EU sont tres grand a breve echeance.
    La solution peut-etre utopique est que tous les pays adoptent le systeme cooperatif (cooperatives) comme projet de societe a l'interieur de ces frontieres et un systeme de libre échange international baser sur une seule devise pour tous les pays de la planete terre avec un systeme de libre échange dans lequel si plus d'argent sort d'un pays A vers le pays B le pays B compense le pays A pour l'exacte difference et ce entre tous les pays du monde!


    Cooperativement