Séoul veut renforcer la défense de l’île de Yeonpyeong après le bombardement

Le président sud-coréen Lee Myung-bak a annoncé aujourd’hui son intention de renforcer le dispositif militaire sur l’île de Yeonpyeong, cible mardi d’un bombardement nord-coréen, tandis que Pyongyang se dit prêt à de nouvelles offensives en cas de «provocations militaires».

Conséquence de la crise entre les deux Corées, une des plus graves depuis la fin de la guerre dans la péninsule, (1950-53), le ministre sud-coréen de la Défense Kim Tae-young a démissionné aujourd’hui. Il faisait l’objet de vives critiques dans la classe politique et la presse, qui lui reprochaient une réponse jugée trop faible après le bombardement de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong, proche de la frontière maritime contestée entre les deux Corées, à 11km seulement des côtes nord-coréennes.

Des dizaines d’obus sont tombés sur l’île qui compte plusieurs bases militaires et 1300 habitants, faisant quatre morts, 18 blessés et détruisant de nombreux bâtiments et habitations.

«Nous ne devons pas baisser la garde, en préparation d’une possible nouvelle provocation nord-coréenne», a déclaré le président sud-coréen au cours d’une réunion sur les répercussions de l’attaque en matière de sécurité et d’économie. «Je pense qu’une provocation nord-coréenne du même type pourrait survenir à tout moment», a-t-il ajouté, cité par le porte-parole présidentiel Hong Sang-pyo.

Le chef de l’État a donc décidé un renforcement du dispositif militaire sur le terrain à Yeonpyeong et quatre autres îles, revenant sur une décision de 2006 de diminution des effectifs. Hong Sang-pyo n’a pas fourni de détails sur l’augmentation des troupes, déclarant simplement que le nombre de soldats s’élevait actuellement à 4000. L’armée sud-coréenne va par ailleurs modifier ses règles d’engagement afin d’être plus réactive en cas d’attaque nord-coréenne, selon lui.

D’après un autre conseiller présidentiel, qui a requis l’anonymat, les troupes sur place vont également recevoir de nouveaux équipements et matériels. Le lieutenant-colonel Joo Jong-wha, des Marines sud-coréens, a confirmé que l’île de Yeonpyeong manquait de pièces d’artillerie, avec seulement six obusiers.

«Dans l’artillerie, on est censé se déplacer après avoir tiré, pour cacher son emplacement afin que l’ennemi ne riposte pas droit sur vous. Mais on a trop peu d’artillerie», a-t-il commenté.

Après ce bombardement meurtrier, de nombreuses critiques se sont élevées dans la presse et la classe politique sud-coréennes sur l’impréparation des forces sur place, ainsi que sur la rapidité et l’ampleur de la riposte, jugées insuffisantes.

Les appels à la démission du ministre de la Défense se sont multipliés, y compris au sein de l’état-major, dans le parti et l’entourage présidentiels. Le ministre de la Défense Kim Tae-young avait déjà proposé de démissionner après le torpillage, imputé à la Corée du Nord, d’un bâtiment sud-coréen, qui a fait 46 morts en mars 2010.

Le président Lee Myung-bak avait alors refusé cette démission. Mais il l’a cette fois acceptée, et le nom du prochain ministre de la Défense sera annoncé vendredi, selon la présidence.

La Corée du Nord a de son côté averti que ses forces armées exerceraient de «fortes représailles sans hésitation» si la Corée du Sud se livrait à des «provocations militaires». Dans cette mise en garde rapportée par l’agence officielle KCNA, Pyongyang a également mis en accusation Washington pour les exercices militaires sud-coréens près de Yeonpyeong.