Washington et Séoul annoncent des manoeuvres militaires en mer Jaune

Un Sud-Coréen fouillait hier les décombres de sa maison détruite par le bombardement de la Corée du Sud.<br />
Photo: Agence Reuters Un Sud-Coréen fouillait hier les décombres de sa maison détruite par le bombardement de la Corée du Sud.

La Corée du Sud et les États-Unis débuteront dimanche des manœuvres militaires navales conjointes après le bombardement mardi par la Corée du Nord d'une île sud-coréenne.

Les manoeuvres qui se dérouleront de dimanche à mercredi prochain en mer Jaune, où s'est produit le bombardement, impliqueront le porte-avions américain USS George Washington ainsi que des navires sud-coréens, ont indiqué les forces américaines en Corée.

Selon un communiqué, les manoeuvres étaient prévues avant que ne se produise «l'attaque d'artillerie non provoquée» nord-coréenne. Cela démontre l'engagement américain «à la stabilité régionale à travers la dissuasion». Selon le ministère sud-coréen de la Défense, cet exercice «défensif» vise à accroître la dissuasion contre le Nord.

Hier, le président des États-Unis, Barack Obama a assuré son homologue sud-coréen que les États-Unis se tenaient côte à côte avec leur allié après le bombardement de l'île sud-coréenne.

Washington et Séoul avaient annoncé une série de manoeuvres militaires après le torpillage d'une corvette sud-coréenne attribué en mai à la Corée du Nord par une enquête internationale. Un exercice militaire en juillet dernier, qui était prévu en mer Jaune, avait été déplacé en mer du Japon apparemment à la suite de protestations de la Chine qui s'est élevée contre ces manoeuvres et la présence d'un porte-avions américain en mer Jaune, entre ses côtes et celles de Corée.

Prudence à l'ONU

Embarrassés par le comportement erratique de la Corée du Nord, les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ne prévoient pas de réunion à brève échéance après le bombardement de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong.

La prudence des membres permanents — États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne — reflète l'absence à l'heure actuelle de réponse adéquate au bombardement nord-coréen de mardi, soulignent des diplomates.

«Personne ne veut se lancer dans une réunion à corps perdu. Tout le monde veut attendre. Les Chinois traînent les pieds, c'est vrai, mais tout le monde veut attendre et réfléchir», souligne un diplomate sous couvert d'anonymat. «On a l'impression d'avoir utilisé toutes les cartouches et on ne sait pas sur quel pied danser avec la Corée du Nord. Tout me monde se dit: réfléchissons, prenons le temps», ajoute-t-il.

Dès mardi, une source diplomatique française avait fait savoir à Paris qu'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité était en cours d'organisation. Mais rien de tel ne se dessinait hier en milieu de journée à New York. Aucun pays n'a pour l'heure demandé de réunion spéciale du Conseil de sécurité sur le bombardement nord-coréen dans lequel quatre personnes sont mortes.

Des diplomates interrogés à New York disent redouter qu'une condamnation du Conseil de sécurité ne fasse que jeter de l'huile sur le feu. «La Chine freine et c'est bien normal. Elle partage 2000 km de frontière avec la Corée du Nord et elle ne veut pas que ce pays parte en vrille. Elle craint que la Corée du Nord réagisse de façon exagérée» et s'engage dans un cycle irréparable, a relevé l'un d'entre eux.

«Même les Sud-Coréens hésitent. Ils veulent que le Conseil de sécurité serve à quelque chose et ne vienne pas aggraver la situation», a-t-il dit. «Il y a une très grande prudence de toutes les parties, y compris des États-Unis.»

La situation rappelle celle qui a suivi en mars dernier le naufrage de la corvette Cheonan, que la Corée du Sud a accusé le Nord d'avoir torpillée. Le Conseil de sécurité avait attendu quatre mois pour se réunir sur le sujet.

«Les pressions ne marchent pas avec les Nord-Coréens qui utilisent des contre-pressions et la bravade bien mieux que nous», souligne Leon Sigal, du Comité de recherches en Sciences sociales, un centre de réflexion basé à New York. «Les Chinois sont en fait extrêmement mécontents» vis-à-vis de Pyongyang, ajoute-t-il. Mais «ils ne feront rien qui augmente l'étranglement de la Corée du Nord».

***

Avec l'Agence France-Presse
1 commentaire
  • Louis Chehri - Inscrit 25 novembre 2010 08 h 04

    répétita.

    Préparation d'une guerre qui risque de très mal tourner,comme d'habitude,là on a pas a faire a des enfants d'école et vaudrait mieux ne pas compter sur les Chinois .