Coup de main du CRDI aux think tanks indiens

New Delhi — À la transformation accélérée de la société indienne correspond l'impérieuse nécessité d'en documenter les dynamiques. Or, l'Inde souffre à ce chapitre d'un important déficit de recherche. En l'absence d'un financement soutenu de la part des gouvernements et des donateurs privés indiens, les organismes internationaux ont la responsabilité de prendre le relais, plaide le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, qui vient d'annoncer l'octroi de subventions à hauteur de 2 millions de dollars chacune à neuf groupes de réflexion (think tanks) indiens.

Le but de l'exercice est de mieux lier le travail des chercheurs indépendants à l'établissement des politiques publiques des gouvernements en matière d'environnement, de lutte contre la pauvreté, de sécurité énergétique... Cette tradition n'existe pas véritablement en Inde. «Si les institutions indépendantes de recherche sur les politiques deviennent si importantes, c'est en grande partie parce que les universités indiennes ne remplissent pas leur rôle à ce sujet, non seulement en termes de qualité de recherche, mais en termes aussi de volonté et de capacité d'influencer les politiques gouvernementales», fait valoir David Malone, président du CRDI et ancien haut-commissaire du Canada en Inde.

Le coup de main aux groupes de réflexion indiens s'inscrit dans un plus vaste programme de soutien à 52 organismes de recherches dans 23 pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie du Sud. Coordonnée par le CRDI et étalée sur dix ans, cette «Initiative Think tank» a le mérite de soustraire ces institutions indépendantes aux embûches d'une assistance aléatoire. Lancé en 2008, le programme d'aide dispose d'un budget de 110 millions d'ici à 2014. Le financent, outre le CRDI, provient de la Hewlett Foundation, de la Bill & Melinda Gates Foundation et les gouvernements du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Au total, 16 institutions ont été sélectionnées en Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Sri Lanka et Népal). Cent cinquante-huit propositions, surtout indiennes, avaient été soumises. «C'est dire à quel point les besoins sont grands», signale Marie-Claude Martin, responsable du programme au CRDI.
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 24 novembre 2010 11 h 33

    MMMouais...

    Étant donné la provenance des fonds (des fondations de milliardaires et des gouvernemts conservateurs), est-ce que les "think tanks" ganants ne risquent pas d'avoir été choisis pour leur orientatin idéologique conservatrice ? On a assez des "Instituts Fraser" et des "Instituts Économiques de Montréal" à prétention scientifique qui ne sont que des lobbies à peu près aussi crédibles que le Prof. Lauzon et la CSN.