Rangoun évoque une possible libération d'Aung San Suu Kyi

La situation des Birmans sous l’emprise de la junte n’est pas facile.<br />
Photo: Agence Reuters Soe Zeya La situation des Birmans sous l’emprise de la junte n’est pas facile.

Le ministre des Affaires étrangères birman, Nyan Win, a indiqué à ses partenaires d'Asie du Sud-Est que l'opposante Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, serait «peut-être» libérée après les élections du 7 novembre, a indiqué à Hanoï une diplomate asiatique.

Nyan Win a rencontré mercredi soir, lors d'un dîner, ses partenaires de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), en marge d'un sommet qui s'ouvrait dans la capitale vietnamienne hier. «Il a dit qu'ils libéreraient Aung San Suu Kyi peut-être après les élections», a indiqué la diplomate, précisant que le ministre n'avait évoqué aucune date précise. Le ministre des Affaires étrangères indonésien a confirmé que le cas de Mme Suu Kyi avait bien été abordé lors du dîner de mercredi.

Une enquête

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a pour sa part appelé hier à une enquête internationale sur les violations des droits de la personne en Birmanie, le soutien le plus explicite à ce jour des États-Unis à cette revendication des défenseurs des droits. Elle a indiqué que cela se ferait en «oeuvrant à la mise en place d'une commission d'enquête internationale à travers des consultations étroites avec nos amis, nos alliés et d'autres partenaires au sein des Nations unies».

Les organisations de défense des droits accusent la juntebirmane d'avoir un des pires bilans au monde en la matière, lui reprochant notamment la détention de milliers d'opposants politiques, la destruction systématique de villages de membres de minorités ethniques et l'utilisation du viol comme arme de guerre. Plusieurs pays, dont l'Australie et la Grande-Bretagne, soutiennent également la mise en place d'une commission d'enquête à l'ONU.

L'appel de Mme Clinton intervient au moment où les États-Unis font part de préoccupations sérieuses concernant le caractère juste et libre des élections prévues le 7 novembre en Birmanie.

Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, a dénoncé hier l'évocation par le pouvoir militaire birman d'une libération de l'opposante Aung San Suu Kyi, mais seulement après les élections du 7 novembre. «Il s'agit d'une lâche manipulation de la part de la Birmanie. Comme c'est pratique de laisser entendre qu'ils vont la libérer après des élections ayant peu de chances d'être équitables, justes ou crédibles», a ironisé M. Crowley.

***

Avec l'Agence France-Presse