Le rapport annuel de Transparency International - Les trois quarts des États sont perçus comme très corrompus

Un peu partout à travers le monde, comme ici à New Delhi, la population proteste contre la corruption.<br />
Photo: Agence Reuters Adnan Abidi Un peu partout à travers le monde, comme ici à New Delhi, la population proteste contre la corruption.

Berlin — Près de trois quarts des États, à commencer par ceux en guerre comme l'Irak ou l'Afghanistan, sont perçus comme gravement corrompu, selon le rapport annuel de l'organisation non gouvernementale Transparency International (TI) présenté hier à Berlin.

Dans son Index 2010 de la perception de la corruption, l'ONG lance également une mise en garde aux gouvernements, estimant que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter contre le réchauffement planétaire ou contre la pauvreté.

Sur les 178 pays étudiés par l'ONG près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne.

TI affirme par ailleurs que sur les 36 pays industrialisés ayant signé la convention anticorruption de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui interdit notamment le versement de pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers, une vingtaine d'entre eux montrent «peu ou pas» d'empressement à faire respecter la législation.

Les premiers de classe

L'indice, élaboré grâce à des sondages réalisés auprès d'hommes d'affaires et de spécialistes, va de 10 pour un pays considéré comme «propre» à zéro pour un pays perçu comme gangrené par la corruption.

Selon le classement établi par TI, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour arrivent en tête des pays perçus comme parmi les moins corrompus avec un indice de 9,3.

L'Afghanistan et la Birmanie sont ex aequo avant-dernier sur la liste avec un indice de 1,4, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie avec un score de 1,1.

Parmi les autres pays, le Canada arrive à la 6e place avec un bon indice de 8,9; la Suisse en 8e position (8,7); la Grande-Bretagne en 20e position (7,6); les États-Unis et la Belgique se retrouvent tous deux à la 22e place (7,1); tandis que la France arrive en 25e position (6,8). La Chine figure en 78e position, et la Russie à la 154e.

L'ONG, qui publie sa liste annuelle depuis 1995, souligne que certains pays — dont le Bhoutan, le Chili, l'Équateur, la Macédoine, la Gambie, Haïti, la Jamaïque, le Koweït, et le Qatar — ont amélioré leur score depuis 2009.

En revanche, des pays tels que la République tchèque, la Grèce, le Hongrie, l'Italie, Madagascar, le Niger, et les États-Unis, sont perçus comme plus corrompus que l'an dernier, selon le rapport.

Davantage d'efforts

«Ces résultats montrent que des efforts bien plus importants sont requis pour renforcer la bonne gouvernance dans le monde», a expliqué la présidente de TI, Huguette Labelle, dans un communiqué. «Accepter que la corruption perdure est inacceptable; trop de personnes pauvres et vulnérables dans le monde continuent à souffrir de ces conséquences. Nous avons besoin de voir une mise en oeuvre plus importante des règles et lois existantes», a-t-elle ajouté.

La responsable de TI pour l'Allemagne, Edda Müller, a estimé lors d'une conférence de presse que la situation internationale était «très inquiétante».

Elle a également souligné la nécessité pour la communauté internationale de mettre en place des structures gouvernementales crédibles dans des pays où l'État a failli.

«Ceci est au moins aussi important que la mise à disposition de milliards en aide au développement», a-t-elle ajouté.