Cachemire - Les modérés rejettent le plan de Delhi

Srinagar — Les dirigeants séparatistes modérés de l'État indien du Cachemire ont rejeté hier l'offre de dialogue de New Delhi, au lendemain du refus de ces mêmes propositions par les tenants d'une ligne dure.

Le plan gouvernemental a été esquissé samedi par le ministre indien de l'Intérieur, P. Chidambaram, qui a conduit la semaine dernière une mission multipartite dans le seul État indien à majorité musulmane, en proie à des violences et soumis à un strict couvre-feu depuis le mois de juin.

«Les mesures annoncées ne sont pas porteuses de beaucoup de promesses», a estimé dans une déclaration la faction modérée de la principale alliance séparatiste de cet État du nord de l'Inde, dirigée par Mirwaiz Umar Farooq. Selon cette faction, ces mesures sont uniquement de nature à venir en aide au gouvernement local soumis à de fortes pressions et tendent «a délibérément détourner l'attention du vrai problème».

Dimanche, les tenants d'une ligne dure avaient déjà rejeté la proposition du gouvernement indien d'entamer un «dialogue soutenu» pour mettre fin à la vague de violences qui a embrasé l'État.

Le plan en huit points de P. Chidambaram constitue la première initiative majeure du gouvernement indien pour mettre fin aux affrontements entre partisans de l'indépendance et forces de sécurité au cours desquels 107 civils ont été tués depuis juin au Cachemire, la plupart par des tirs de la police.

Le gouvernement va notamment nommer un groupe d'interlocuteurs dirigé par une personnalité éminente pour entamer un «dialogue soutenu» avec un large éventail de Cachemiris, dont les groupes politiques et les organisations de jeunesse, avait précisé samedi le ministre indien de l'Intérieur.

Il avait aussi annoncé qu'il allait faire libérer 255 manifestants emprisonnés pour avoir jeté des pierres contre les forces de l'ordre.

Divisée entre l'Inde et le Pakistan, la région himalayenne du Cachemire a été l'objet de deux des trois guerres que se sont livrées ces deux pays depuis leur indépendance en 1947. New Delhi estime que la vague actuelle de violence, la plus importante depuis le début d'une rébellion séparatiste armée dans les années 1980, est alimentée par le Pakistan.