Accalmie diplomatique en Extrême-Orient - Le Japon libère le capitaine du chalutier chinois

L’incident naval a suscité des manifestations en Chine cette semaine.<br />
Photo: Agence Reuters Tyrone Siu L’incident naval a suscité des manifestations en Chine cette semaine.

Japon — Le Japon a libéré hier le capitaine d'un chalutier chinois arrêté au début de septembre, près d'îlots contestés, dont la détention a provoqué une grave crise diplomatique avec la Chine. «Au vu des conséquences sur la population japonaise et sur les relations entre le Japon et la Chine, nous avons jugé inutile de continuer à détenir le capitaine», a déclaré un procureur d'Okinawa (sud du Japon), Toru Suzuki.

L'officier marin-pêcheur, Zhan Qixiong, a quitté le Japon hier à 17h12 GMT, a, de son côté, annoncé l'agence officielle Chine nouvelle, qui précise qu'il est parti par vol nolisé, accompagné de représentants des ministères chinois des Affaires étrangères et de l'Agriculture.

L'agence de presse nippone Jiji, citant des responsables du ministère japonais des Transports, avait auparavant fait savoir qu'un avion devait arriver de la Chine sur l'île japonaise d'Okinawa (sud) aux alentours de minuit, heure locale (15h00 GMT), pour rapatrier Zhan Qixiong.

Les services du premier ministre nippon de centre-gauche, Naoto Kan, ont pour leur part assuré que la décision de la justice n'avait pas été influencée par des considérations politiques.

En dépit de ces assertions, l'opposition nippone a été prompte à qualifier de revers pour le Japon la libération du capitaine.

«C'est une décision tout à fait stupide», s'est agacé l'ex-premier ministre de droite, Shinzo Abe, selon Jiji, ajoutant que le Japon a plié sous la pression de Pékin, même s'il ne fait aucun doute que le chalutier a fait intrusion dans les eaux territoriales japonaises.

Le capitaine chinois est aux mains des autorités nippones depuis le 8 septembre, après l'arraisonnement de son bateau de pêche, qui était entré en collision avec deux patrouilleurs nippons près d'îlots en mer de Chine orientale, appelés Senkaku en japonais et Diaoyu en chinois et situés à mi-distance entre Taïwan et Okinawa.

«Cet incident résulte d'une action décidée sur le vif, alors que le capitaine tentait d'échapper au patrouilleur des garde-côtes. Ce n'était pas un acte prémédité», a précisé le procureur.

Les petites îles inhabitées voisines du lieu de l'incident sont contrôlées par Tokyo, mais revendiquées par les deux pays, ainsi que par Taïwan.

La Chine, qui avait exigé à plusieurs reprises l'élargissement du capitaine, a répété, après l'annonce de sa libération, que cette détention était «illégale et non avenue», via la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu.

L'affaire a provoqué la pire querelle diplomatique sino-japonaise depuis 2006, malgré les tentatives nippones de gérer ce contentieux «calmement».

Les autorités chinoises ont suspendu les contacts de haut niveau, une première en quatre ans, empêchant une rencontre cette semaine entre le premier ministre japonais et son homologue chinois, Wen Jiabao, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Mercredi, M. Wen avait menacé le Japon de «nouvelles mesures» et, hier, des négociants de maisons de commerce nippones ont constaté la suspension des exportations chinoises de métaux rares vers le Japon, en dépit des démentis de Pékin.

Quatre Japonais ont par ailleurs été interpellés en Chine, après être entrés sans autorisation dans une zone militaire de la province du Hebei (nord) et avoir filmé illégalement des installations sensibles, selon l'agence Chine nouvelle.

Les rapports entre le Japon et la Chine, deuxième et troisième puissances économiques mondiales, ont déjà connu maints remous depuis la fin de la guerre.

La dernière crise d'ampleur s'était produite le 15 août 2006. Le premier ministre japonais d'alors, le conservateur Junichiro Koizumi, s'était rendu, en ce jour anniversaire de la capitulation du Japon, au sanctuaire Yasukuni, lieu patriotique où sont honorés les soldats morts pour le Japon, dont des criminels de guerre.
1 commentaire
  • verite verite - Inscrit 26 septembre 2010 11 h 37

    vérité de Les îlots Diaoyu

    Les îlots Diaoyu sont toujours les territoriaux de la Chine.

    Avant la guerre de Jiawu entre le Japon et la Chine éclatée à la fin du 19me siècle, les îlots Diaoyu appartenaient à la Chine. Après la guerre, le Japon a forcé le gouvernement chinois à signer un traité injuste et a colonisé et occupé le Taiwan et ces îlots. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, le Japon envahissait la Chine et les autres pays asiatiques et a capitulé sans condition en 1945. Après la guerre, le Japon a accordé de retourner le Taiwan et ces îlots à la Chine. Mais il a retourné le Taiwan à la Chine et a unilatéralement donné les îlots Diaoyu sous l’administration des États Unis. Environ 1960, quand un comité des Nations Unis a découvert qu’il y avait des grandes quantités de pétrole et de gaz naturel aux alentours de ces îlots, le Japon a unilatéralement envoyé les gens d’y aller et de détruire les marques qui montraient que ces îlots SONT les territoires de la Chine. Ils ont placés les marques de bornages et a nominé les îlots : Senkaku.