Thaïlande - L'armée prend le contrôle de Bangkok

Un calme précaire régnait hier à Bangkok.
Photo: Agence Reuters Damir Sagolj Un calme précaire régnait hier à Bangkok.

Bangkok — Les soldats ont pris le contrôle hier du centre de Bangkok qui offrait un spectacle de désolation avec des centres commerciaux incendiés et des rues désertes au lendemain d'émeutes ayant suivi l'assaut meurtrier contre les chemises rouges thaïlandaises.

La tension est nettement retombée dans la capitale, où aucun affrontement sérieux n'a été signalé hier. Mais le gouvernement a reconduit pour trois nuits le couvre-feu qui a permis, selon lui, de stopper les violences et les incendies allumés par les émeutiers.

Au total, 14 personnes ont été tuées et 91 blessées lors de l'assaut militaire qui a mis fin à deux mois de manifestations, selon un bilan officiel.

Plusieurs d'entre elles ont été tuées par balle mercredi soir autour du temple bouddhique érigé en sanctuaire pendant les violences, où plusieurs milliers de «rouges» avaient trouvé refuge.

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva, dont les «rouges» exigeaient la démission, a appelé la population à lui faire confiance pour rétablir le calme. «Nous ramènerons la paix et nous nous relèverons», a-t-il assuré.

Les leaders rouges ont également appelé à la modération et à la non-violence. «La démocratie ne peut pas se bâtir sur la vengeance», a expliqué l'un d'eux, Veera Musikapong, qui s'est rendu à la police.

Sur le plan politique, une nouvelle période d'incertitude s'ouvre. «La reddition ne signifie pas la fin du conflit», a prévenu le quotidien The Nation.

Abhisit avait proposé le 3 mai des élections législatives anticipées à la mi-novembre, une initiative accueillie favorablement par l'ensemble de la classe politique. Mais il avait annulé cette offre dix jours plus tard, arguant que les «rouges» ne mettaient pas fin à leur mouvement.